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Afrique du Sud: MgrTutu condamne le "massacre" des mineurs grévistes et leur violence

21/08/2012 01:02 EDT | Actualisé 21/10/2012 05:12 EDT

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a condamné mardi le "massacre" de 34 grévistes par la police à Marikana, tout en exprimant sa sympathie pour la majorité des policiers faisant face à des manifestants violents et dépassant les bornes de la démocratie.

"Lorsque nous avons tourné la page de l'apartheid, nous avons dit que plus jamais notre police et nos soldats ne massacreraient les gens", a commenté Tutu dans une tribune publiée par l'édition du soir du quotidien The Star.

"Mais notre police semble impuissante à endiguer la vague de criminalité violente et ce que nous appelons par euphémisme +les manifestations contre les mauvais services municipaux+ qui vont régulièrement de pair avec la violence et des destructions commises en toute impunité", a-t-il ajouté.

"Nous avons créé une petite poignée de méga-riches qui profitent du transfert de pouvoir économique aux Noirs mais ont échoué de façon spectaculaire à réduire les différences de niveaux de vie entre les Sud-Africains riches et les pauvres. Au contraire, nous avons laissé ce fossé s'agrandir", a-t-il accusé.

Dans le même temps, le droit de se rassembler et de manifester, un droit chèrement acquis sous l'apartheid, donne lieu à des dérives. "Lorsque nous manifestons, nous exigeons, détruisons, pillons. Nous ne nous soucions pas de savoir si nos exigences sont raisonnables et des moyens utilisés", a-t-il ajouté.

Au total, 44 personnes sont mortes à la mine de platine de Marikana, en comptant les dix hommes, dont deux policiers, tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux.

Une fusillade de la police le 16 août a fait ensuite 34 morts et 78 blessés, la pire depuis la fin de l'apartheid en 1994.

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