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Une adolescente chrétienne accusée de blasphème au Pakistan

20/08/2012 10:15 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

ISLAMABAD - Les autorités pakistanaises ont arrêté une jeune chrétienne après que des centaines de voisins en colère se soient rassemblés devant sa maison en l'accusant d'avoir brûlé des pages du Coran, ont annoncé des voisins et la police lundi.

L'âge de la jeune fille n'est pas clair et certains allèguent qu'elle souffre d'un handicap mental. Elle risque la peine de mort, dans un pays musulman où le blasphème est un crime. Toute personne reconnue coupable d'avoir insulté le prophète Mahomet ou le Coran peut être condamnée à mort au Pakistan, même si les exécutions sont rares.

Un responsable de la police pakistanaise, Zabi Ullah, a expliqué lundi que l'adolescente avait été arrêtée jeudi, alors que des rumeurs de blasphème avaient conduit plusieurs centaines de voisins à se rassembler devant la maison de sa famille dans un quartier pauvre d'Islamabad. Elle a été conduite au poste de police, où elle sera détenue pendant 14 jours, le temps de l'enquête.

«Environ 500-600 personnes s'étaient rassemblées devant sa maison à Islamabad. Elles étaient très émues, en colère, et elles auraient pu lui faire du mal si nous n'avions pas rapidement réagi», a expliqué M. Ullah. «Certains musulmans du coin affirment que la fille a brûlé des pages du Coran et nous enquêtons. Nous n'avons tiré aucune conclusion pour le moment.»

Selon un autre responsable de la police, Qasim Niazi, à son arrivée au commissariat, l'adolescente possédait un sac contenant des documents religieux en partie brûlés, mais pas de Coran. Un autre responsable a affirmé que l'affaire serait rapidement réglée à l'issue de l'enquête, et lorsque la colère populaire serait retombée.

Des informations contradictoires circulent quant à l'âge de l'adolescente et son état mental. Selon Zabi Ullah, elle est âgée de 16 ans, alors que d'autres responsables parlent de 11 ou 12 ans. À son arrivée au commissariat, la jeune fille était effrayée et n'arrivait pas à s'exprimer normalement, selon Qasim Niazi. Mais il ignore si elle souffrait d'un handicap mental.

Les chrétiens vivent dans la crainte d'être accusés de blasphème au Pakistan, et de nombreuses voix affirment que la loi sur le blasphème sert parfois de prétexte à des règlements de comptes.

Il est arrivé que des foules en colère décident de rendre justice elles-mêmes et s'en prennent physiquement aux personnes accusées de blasphème. En juillet, des milliers de personnes avaient traîné un Pakistanais accusé d'avoir profané le Coran à l'extérieur d'un commissariat à Bahawalpur. Il avait été battu à mort et son corps avait ensuite été brûlé.

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