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Un affrontement armé dans une prison du Venezuela fait 25 morts et 43 blessés

20/08/2012 06:41 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Vingt-cinq personnes ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées dans une fusillade opposant deux groupes de détenus dans une prison du Venezuela, ont annoncé des responsables lundi.

Les violences ont éclaté dimanche dans la prison Yare 1, au sud de Caracas, au moment où des centaines de proches des détenus étaient venus leur rendre visite. Au moins une des personnes tuées était en visite dans l'établissement, selon la ministre responsable des prisons, Iris Varela.

Il s'agit du plus récent épisode d'une série d'affrontements meurtriers dans les prisons surpeuplées du Venezuela, qui sont devenus un problème majeur pour le gouvernement du président Hugo Chavez.

Mme Varela a déclaré à la télévision lundi que 17 des 25 personnes tuées avaient été identifiées jusqu'à maintenant. Elle a précisé que plusieurs victimes avaient été abattues de plusieurs balles dans la tête. Quarante-trois personnes ont été blessées, soit 29 détenus et 14 proches en visite, selon Mme Varela.

Environ 900 femmes qui se trouvaient dans la prison quand l'affrontement a éclaté y sont toujours, a indiqué Mme Varela. On ne sait pas pourquoi ces femmes ne sont pas encore sorties de l'établissement.

La ministre a indiqué que la situation s'était stabilisée lundi matin et que les autorités envisageaient de discuter avec les détenus «pour tenter d'imposer l'ordre». D'après la mère de l'un des prisonniers, il y a encore des détenus armés dans la prison.

Mme Varela a déclaré que les détenus responsables de meurtres devraient «répondre de leurs actes».

Selon Carlos Nieto, un militant des droits de la personne qui surveille la situation dans les prisons du Venezuela, la fusillade a duré quatre heures.

Yajaira Morroy, la mère d'un détenu âgé de 27 ans, a affirmé que son fils avait été atteint par une balle à la jambe alors qu'il tentait d'aider un visiteur blessé qui a fini par mourir. Elle a précisé que son fils avait réussi à rejoindre le poste des gardiens et qu'il avait été conduit à l'hôpital.

Dans une entrevue téléphonique, Mme Morroy a précisé que la situation s'était calmée à la prison et que certains proches coincés à l'intérieur avaient pu sortir. Mais elle a ajouté que des détenus armés contrôlaient toujours l'établissement et que les soldats de la garde nationale n'étaient pas entrés à l'intérieur.

Selon M. Nieto, l'émeute montre «que le problème le plus sérieux des prisons vénézuéliennes, soit les armes possédées par les détenus, n'a pas été réglé». Il a rappelé qu'il y a moins d'un mois, une autre émeute sanglante avait éclaté dans une prison de l'État de Merida.

D'après l'Observatoire vénézuélien des prisons, 560 personnes ont été tuées dans les prisons vénézuéliennes l'an dernier. Depuis le début de l'année, au moins 304 détenus ont été tués, selon l'organisation.

Le candidat de l'opposition à l'élection présidentielle du mois d'octobre, Henrique Capriles, a critiqué le président Hugo Chavez sur Twitter lundi, en soulignant que des centaines de détenus avaient été tués depuis que le gouvernement a créé un nouveau ministère pour superviser les prisons l'an dernier. Les promesses d'Hugo Chavez en vue d'améliorer le système carcéral sont «un autre gros mensonge», a écrit M. Capriles.

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