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La Somalie devra attendre avant d'avoir un nouveau président

20/08/2012 06:05 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT
AP
Somalis gather for the presentation of Somalia's new draft constitution, in Mogadishu, Somalia,Wednesday, Aug. 1, 2012. Somali leaders voted overwhelmingly on Wednesday to adopt a new constitution that contains new individual rights and sets the country on a course for a more powerful and representative government. The vote came after two thunderous blasts at the gates of the meeting site from a failed suicide attack. (AP Photo/Farah Abdi Warsameh)

Les députés somaliens, tout juste désignés par une assemblée de chefs coutumiers, devaient se réunir pour leur première session lundi, mais n'éliront pas comme prévu le président somalien, ont annoncé à l'AFP deux parlementaires.

Selon ces parlementaires, plusieurs mesures procédurales restent à remplir avant de pouvoir procéder au scrutin, que la communauté internationale appelait de ses voeux ce lundi, date à laquelle expire le mandat des actuelles et fragiles Institutions fédérales de Transition, mises en place en 2004.

"L'élection présidentielle ne se déroulera pas aujourd'hui", a déclaré lundi Aweys Qarni, l'un des députés nouvellement désignés. "Il faut encore que le comité électoral (de l'Assemblée) soit constitué (...) il y a encore du travail à faire avant l'élection présidentielle", a-t-il ajouté.

La Chambre doit bien se réunir lundi, mais elle ne procèdera pas dans l'immédiat au choix du président de l'Assemblée, préalable à l'organisation de l'élection du chef de l'Etat, a affirmé de son côté Abinasir Garale, député du Parlement sortant ayant retrouvé son siège.

"Nous nous préparons pour la première réunion de l'Assemblée aujourd'hui (...) le doyen d'âge devrait présider la session", a-t-il expliqué. "Dans les jours qui viennent, la nouvelle Chambre élira son président, puis constituera le comité électoral pour (l'élection) du nouveau président" du pays, a-t-il précisé.

Seulement 202 députés, sur les 275 que doit compter à terme la Chambre basse, ont jusqu'ici été désignés et leurs noms validés par un comité ad hoc.

Ce Comité technique de sélection avait publié les noms vendredi, soulignant que ce nombre était suffisant pour atteindre le quorum nécessaire au scrutin présidentiel.

Environ 70 noms ont été écartés par le comité, car ne remplissant pas les critères requis (citoyenneté, âge, niveau d'études, passé politique et en matière de droits de l'Homme...). Une quarantaine de nouveaux noms ont été soumis ce week-end au Comité, tandis que les chefs coutumiers peinent à se mettre d'accord sur la trentaine d'autres.

L'élection du nouveau président somalien doit parachever un processus complexe, parrainé par l'ONU et la communauté internationale, destiné à doter la Somalie d'institutions pérennes et de son premier réel gouvernement central depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

Depuis 2000, les différentes institutions de transition mises en place ont toutes échoué à asseoir leur autorité.

La communauté internationale était jusqu'ici parvenue à faire adopter à marche forcée les différentes étapes du processus: désignation de l'assemblée des chefs coutumiers, mise sur pied d'une constituante et adoption d'une Constitution provisoire le 1er août.

"La Somalie bénéficie d'une opportunité sans précédent pour plus de paix et de stabilité", ont estimé dimanche les "partenaires internationaux" du pays, dont l'ONU, appelant les acteurs politiques somaliens "à respecter leur engagement d'assurer un passage de témoin pacifique dans les délais et conformément aux attentes".

Après avoir soutenu à bout de bras les actuelles Institutions fédérales de Transition, minées par la corruption, la communauté internationale a exclu toute nouvelle prolongation de leur mandat et tout fait pour que le processus s'achève à la date prévue du 20 août.

Le mandat de ces institutions avaient déjà été prolongé de deux ans en 2009, sur fond de chaos sécuritaire dans le pays, puis d'un an en 2011, face à l'impasse politique pour les remplacer.

Nombre d'observateurs estiment que la priorité donnée par la communauté internationale au calendrier au détriment du fond risque de valider un processus "pipé" et "bâclé", qui semble devoir déboucher sur le maintien au pouvoir des responsables actuels.

Le président sortant Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, élu en 2009 après avoir rallié les institutions de transition qu'il combattait auparavant à la tête d'une rébellion islamique, et personnalité contestée au sein même de ses alliés internationaux, est l'un des favoris du scrutin présidentiel.

Ses plus sérieux adversaires semblent son Premier ministre, Abdiweli Mohamed Ali, et le président du Parlement sortant, Sharif Hassan Sheikh Adan.

bur-ayv/aud/de