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Semaine de négociations pour la Grèce et la zone euro

20/08/2012 09:23 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

BERLIN - Le ministre grec des Affaires étrangères Dimitris Avramopoulos était reçu par son homologue allemand Guido Westerwelle à Berlin lundi, ouvrant une semaine d'intense activité diplomatique consacrée à la situation de la Grèce et la crise de l'euro.

Jean-Claude Juncker, qui préside l'Eurogroupe réunissant les ministres des Finances de la zone euro, s'entretiendra mercredi à Athènes avec le premier ministre grec Antonis Samaras, qui rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel vendredi à Berlin puis le président français François Hollande samedi à Paris. Entre-temps, Mme Merkel aura reçu M. Hollande jeudi.

Les 17 pays de la zone euro attendent la publication le mois prochain d'un rapport de la troïka — Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) — sur la mise en oeuvre des réformes et mesures d'austérité exigées de la Grèce en contrepartie des deux plans internationaux de sauvetage à plus de 240 milliards d'euros qui lui ont évité la faillite depuis mai 2010.

Des signes suggérant qu'Athènes pourrait ne pas ne respecter ses engagements alimentent l'impatience de l'Allemagne et d'autres pays prospères, ainsi que la spéculation sur une éventuelle sortie grecque de la zone euro.

Si le rapport confirme ces craintes, le versement des fonds à la Grèce pourrait être suspendu, ce qui entraînerait un défaut de paiement désordonné et au bout du compte la sortie de la zone euro, au risque de déstabiliser tout le bloc monétaire. Malgré cela, responsables et députés allemands ont clairement exprimé leurs réticences à accorder des délais et autres concessions.

L'hebdomadaire allemande «Der Spiegel» affirmait ce week-end sans citer ses sources que, d'après un constat préliminaire des inspecteurs de la «troïka», Athènes aurait besoin d'une enveloppe pouvant atteindre les 14 milliards d'euros pour les deux prochaines années, et non 11,5 milliards d'euros comme l'a estimé le gouvernement.

Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, souligne dans un entretien publié lundi par les journaux «Berliner Zeitung» et «Frankfurter Rundschau» qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait «gérable (mais) pas aussi ordonnée que l'imaginent certains». Ce retrait s'accompagnerait d'«une croissance plus faible et d'un chômage plus élevé, et serait très coûteux — pour la Grèce mais aussi pour toute l'Europe et l'Allemagne», première économie de la zone euro.

La BCE envisage d'acheter des obligations souveraines pour faire baisser les taux d'intérêts exigés de ces pays à condition qu'ils demandent d'abord l'aide financière de l'Europe. Une telle mesure pourrait aider notamment l'Espagne et l'Italie mais la Banque centrale allemande, la Bundesbank, a souligné lundi dans son rapport mensuel que cela comporterait «des risques substantiels».

Pendant ce temps, à Athènes, le ministre des Finances, Yanis Stournaras, rencontrait ses adjoints et son homologue au Travail, Yanis Vroutsis, pour mettre au point les mesures prévues pour réduire les dépenses de 11,5 milliards d'euros en 2013 et 2014 et présenter le plan à Jean-Claude Juncker.

La dette publique de la Grèce s'élève à plus de 300 milliards d'euros et le pays traverse sa cinquième année consécutive de récession économique, avec un chômage supérieur à 23 pour cent de la population active.

Le fragile gouvernement de coalition de M. Samaras, formé à l'issue de deux élections législatives sans majorité nette en mai puis en juin, espère renégocier certaines conditions du plan de sauvetage, et surtout le délai de deux ans pour mener tous les programmes d'austérité.

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