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Les bombardements et les combats tuent au moins 100 personnes en Syrie

20/08/2012 06:56 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes ont bombardé Alep, Daraa et une banlieue de Damas lundi, tuant au moins 100 personnes au deuxième jour d'une importante fête musulmane, selon des militants et des organisations de l'opposition.

La journée de dimanche, premier jour de la fête de l'Aïd el-Fitr qui souligne la fin du Ramadan, a été marquée par une relative accalmie en Syrie. Mais la reprise des combats montre que le régime du président Bachar el-Assad est déterminé à poursuivre sa campagne pour écraser le soulèvement, malgré l'importance de cette fête pour les musulmans.

Des militants syriens ont affirmé qu'un assaut mené par des chars et des avions de l'armée gouvernementale avaient détruit deux maisons à Alep, tuant au moins 14 personnes. Les deux maisons étaient situées dans les quartiers Al-Sakhour et Qadi Askar, selon le militant Mohammed Saïd, joint par Skype à Alep.

La plus grande ville de Syrie est le théâtre de combats quotidiens depuis plusieurs semaines. Les forces loyales au président Bachar el-Assad tentent de reprendre le contrôle de quartiers tenus par les rebelles, sans grand succès.

Selon Mohammed Saïd, les rebelles ont fait des avancées lundi dans les quartiers Al-Jadidah et Maadi Telal, dans le nord-est d'Alep, au terme de violents combats.

Dans la ville de Daraa, berceau du soulèvement dans le sud du pays, d'intenses affrontements entre les troupes gouvernementales et les rebelles ont fait 16 morts, dont deux enfants et deux femmes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, deux organisations de l'opposition.

En banlieue de Damas, le militant El-Said Mohammed a déclaré que sept personnes avaient été tuées et 70 autres blessées dans un bombardement des forces gouvernementales à Moadamiyeh. Selon lui, une trentaine de soldats du secteur ont fait défection dimanche, ce qui pourrait expliquer le bombardement de lundi.

Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de source indépendante, mais selon l'Observatoire, le bombardement à Moadamiyeh a tué au moins dix civils et trois rebelles.

Les troupes gouvernementales ont aussi bombardé Daraya, toujours en banlieue de Damas. Jusqu'à 31 personnes auraient été tuées, d'après l'Observatoire.

Les deux organisations, qui s'appuient sur un réseau de militants sur le terrain, estiment qu'au moins 100 civils ont été tués à travers la Syrie lundi, un bilan élevé pour une seule journée.

Les deux groupes ont par ailleurs rapporté la découverte de 12 corps dans le quartier Qaboun de Damas. D'après le militant Omar al-Khani, les corps, qui comprenaient ceux de deux enfants, ont été trouvés au bord d'une route et portaient des signes évidents de torture. Certains étaient nus, d'autres menottés.

Les avions de combat ont aussi bombardé la ville de Tel Rifat, à 30 kilomètres au nord d'Alep. La ville sert de quartier général à l'un des principaux regroupements des rebelles. Le bombardement a creusé un profond cratère dans la cour d'une école secondaire et a rasé cinq maisons situées à proximité. Une autre école du secteur a été endommagée.

Selon des résidants, personne n'a été tué dans ce raid parce que les écoles et les maisons touchées étaient vides. La plupart des 35 000 résidants de la ville ont fui à cause des fréquents raids aériens et des bombardements.

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, qui a accepté vendredi de remplacer Kofi Annan au poste d'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, a admis qu'il n'avait pas d'idée concrète pour mettre fin au conflit et a souligné que sa mission serait difficile sans une position unifiée du Conseil de sécurité de l'ONU.

«Le problème n'est pas ce que je peux faire différemment, mais plutôt de savoir si les autres vont agir différemment», a dit M. Brahimi dans une entrevue accordée à l'Associated Press dimanche. «Ce dont j'ai besoin, c'est qu'ils parlent d'une seule voix et qu'ils soutiennent clairement ce que je fais», a-t-il dit en référence aux pays membres du Conseil de sécurité.

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