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Legault et Charest fidèles à leur plan de match, Marois prépare son débat

20/08/2012 11:36 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Alors que Pauline Marois profitait d'une journée de relâche afin de peaufiner sa stratégie en vue d'un deuxième débat en autant de soirs, ses adversaires effectuaient des sorties sur des thèmes ayant été au coeur de leurs discours respectifs lors la joute oratoire de la veille — Jean Charest en annonçant une mesure économique et François Legault en défendant ses engagements en matière de santé.

M. Charest, qui sera opposé à la leader péquiste dans le cadre du débat en tête à tête plus tard en soirée, a continué lundi sur sa lancée économique.

De passage à La Prairie, le chef libéral s'est engagé à injecter 750 millions $ sur cinq ans afin de soutenir les petites et moyennes entreprises manufacturières québécoises et a promis une enveloppe de 2 milliards $ sur 10 ans, financée à parts égales entre le public et le privé, un pactole qui serait alloué à l'innovation en milieu entrepreneurial.

Fidèle à son discours depuis le début de la campagne, M. Charest a répété que son parti proposait la stabilité économique, comparativement à ses adversaires, qui eux généreraient instabilité et affrontements.

Le premier ministre sortant a profité du point de presse subséquent à son annonce pour conseiller aux Québécois de bien réfléchir avant de céder trop rapidement à leur soif de changement.

Il a également assuré qu'il était en mesure de faire bouger le Québec, à bon rythme, sans les changements proposés par la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault et encore moins avec la «régression», qu'il attribue au Parti québécois (PQ).

«Le changement, c'est quoi? Ça va être Mme Marois, la rue qui va gouverner et des référendums? C'est ça que les Québécois veulent? Et du côté de M. Legault, un homme qui n'est pas fiable, qui change d'idée comme il change de chemise et qui a des solutions simplistes à des problèmes qui sont réels?»

Jean Charest a tenu des propos particulièrement cinglants à l'endroit de son rival caquiste, accusant ce dernier de «se foutre» de l'opinion des citoyens. Engagé dans une lutte à trois avec Pauline Marois et François Legault, le chef libéral a déclaré qu'il se plierait à la volonté des Québécois si ces derniers élisaient un gouvernement minoritaire formé par le PLQ.

«Le résultat du vote le 4 septembre, nous allons l'accepter et on va composer avec le choix que font les Québécois. Contrairement à M. Legault, hier (dimanche), qui était le seul à dire: 'Non, moi je me fous de ce que les Québécois vont décider, on va retourner en élections'. Franchement, c'est un manque de respect envers la population», a-t-il lancé.

Pendant ce temps, du côté de Repentigny, François Legault revenait sur les railleries que lui ont adressées dimanche soir ses adversaires, qui ont qualifié de «pensée magique» son engagement de donner un médecin de famille à chaque Québécois.

Accompagné par son candidat Gaétan Barrette, il a assuré qu'il n'aurait pas à se battre contre les médecins pour que cette promesse se concrétise et a plaidé que le milieu médical était prêt pour un tel changement. Ce sont plutôt les syndicats qui, selon M. Legault, seront durs à affronter sur cette question.

La CAQ veut notamment que les médecins de famille augmentent leur volume de travail et prennent en charge 1600 patients chacun. Ceux qui passent une bonne portion de leurs semaines à l'hôpital en auraient toutefois moins.

Le ratio du nombre de médecins de famille par patient que la CAQ met de l'avant est une formule utilisée dans de nombreux pays et n'est pas irréaliste, a plaidé le docteur Barrette.

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