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Le Mali se dote enfin d'un nouveau gouvernement, cinq mois après le coup d'État

20/08/2012 07:36 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Les dirigeants intérimaires du Mali ont annoncé la formation d'un nouveau gouvernement lundi soir, plusieurs mois après le coup d'État militaire qui a provoqué le chaos et permis aux islamistes de s'emparer de la partie nord du pays, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir.

Le nouveau gouvernement malien compte 31 ministres, dont cinq qui sont considérés comme des proches du chef des putschistes, le capitaine Amadou Sanogo, qui a remis le pouvoir à un gouvernement civil intérimaire, mais qui continue d'exercer une influence sur le pouvoir.

Aucun des ministres du nouveau gouvernement n'est lié à Amadou Toumani Touré, le président démocratiquement élu qui a été renversé lors du coup d'État du mois de mars, selon l'annonce diffusée à la télévision nationale.

Les dirigeants des pays d'Afrique de l'Ouest avaient menacé d'expulser le Mali de l'organisation régionale et d'imposer des sanctions si les responsables ne formaient pas un gouvernement d'union tel qu'ils l'avaient promis.

Les responsables devaient initialement former un gouvernement le 10 août mais ils ont échoué à y parvenir à temps, faisant craindre pour l'avenir de la transition politique, alors que des rumeurs laissent entendre que le premier ministre intérimaire est lié au chef des putschistes.

Le premier ministre Cheick Modibo Diarra est devenu une personnalité controversée au cours des dernières semaines, après des allégations voulant qu'il ait été vu en train de rencontrer le chef des putschistes. Ces allégations font craindre que le capitaine Sanogo exerce une influence plus grande que les dirigeants intérimaires sur les décisions qui concernent l'avenir du pays.

La formation du nouveau gouvernement devrait permettre de mieux lutter contre les combattants islamistes qui ont pris le contrôle du nord du pays. Les islamistes ont tiré profit du vide du pouvoir à Bamako pour consolider leur emprise sur le territoire qu'ils contrôlent, où ils veulent imposer la loi islamique.

La crise dans le nord du Mali a poussé au moins 435 624 personnes à fuir leur lieu de résidence, et plus de la moitié d'entre elles ont trouvé refuge dans les pays voisins, selon les Nations unies.

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