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Gambie: tous les condamnés à mort seront exécutés en septembre (président Jammeh)

20/08/2012 08:25 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

Tous les détenus condamnés à mort en Gambie seront exécutés en septembre, a affirmé le président gambien Yahya Jammeh dans une déclaration à la Nation à l'occasion de la fête de l'Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois de jeûne musulman du ramadan.

"Vers le milieu du mois prochain, toutes les condamnations à mort seront exécutées à la lettre. Il n'est pas question que mon gouvernement permette que 99% de la population soit prise en otage par des criminels", a déclaré M. Jammeh dans ce message diffusé dimanche soir et lundi par la télévision d'Etat.

Il n'a pas précisé le nombre de personnes actuellement dans le couloir de la mort en Gambie. D'après un décompte de l'AFP, depuis juillet 2010, 47 personnes au total ont été condamnées à mort dans le pays, incluant d'anciens responsables sécuritaires. Des sources judiciaires ont indiqué que le chiffre est nettement plus élevé, sans toutefois le préciser.

La dernière exécution d'un condamné à mort en Gambie remonte à 2007.

"Tous ceux qui sont coupables de crimes graves et sont condamnés devront faire face à la loi dans toute sa rigueur. Toutes les peines prescrites par la loi seront maintenues dans le pays pour faire en sorte que les criminels aient ce qu'ils méritent. (...) Tous ceux qui ont tué seront tués, et ceux qui méritent d'être renvoyés de la société le seront, conformément à la loi", a affirmé Yahya Jammeh.

Le banditisme, le trafic de drogue ou sa consommation illicite, l'homosexualité, le terrorisme, les activités subversives contre l'Etat ou le peuple, entre autres "crimes", ne seront pas tolérés, a-t-il prévenu.

"Mon gouvernement prendra toutes les actions légales nécessaires pour rayer ces actes meurtriers et odieux du pays", a-t-il ajouté.

Le président Jammeh, qui dirige son pays d'une main de fer, a été porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, puis élu pour la première fois en 1996 et réélu trois fois (2001, 2006 et 2011). Son régime est régulièrement critiqué par des défenseurs des droits de l'Homme pour des violations des libertés. Il est notamment accusé d'entretenir un climat de terreur parmi les opposants et les journalistes, plusieurs hommes de médias ayant été tués, emprisonnés ou ayant disparu depuis 18 ans.

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