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Débat: Charest attaque Marois sur l'intégrité et un éventuel référendum

20/08/2012 09:47 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Jean Charest est passé d'emblée à l'attaque, lundi, ne faisant pas de quartier à sa rivale Pauline Marois, lundi soir, à l'occasion du premier de trois débats télévisés organisés par le réseau TVA, dans une formule où deux chefs s'affrontent face à face.

Sur un ton combatif, voire par moments agressif, le chef libéral a eu le dessus sur la chef péquiste, qui est restée d'un calme olympien, malgré les flèches acérées de M. Charest lancées à répétition pendant une heure, durant les échanges sur l'intégrité, l'économie, la crise étudiante et la question nationale autour de la possibilité d'un référendum sur la souveraineté.

Les rôles étaient inversés, puisque c'est la chef de l'opposition qui était cette fois sur la défensive, tandis que le premier ministre mitraillait ses attaques.

Selon lui, la chef péquiste s'est livrée au cours des dernières années à une série d'allégations non fondées et de campagnes de dénigrement à répétition contre des membres de son gouvernement.

Mme Marois, qui est restée sereine et souriante de bout en bout, a répliqué pour dire qu'elle n'avait pas de leçon à prendre de Jean Charest sur le plan de l'éthique et de l'intégrité. «Je n'ai pas de leçon à prendre de vous», lui a-t-elle lancé, sans jamais perdre son flegme.

«J'ai trouvé que M. Charest était très agressif», a estimé Mme Marois, après coup, en point de presse.

En appui à ses propos, elle a fait valoir que le gouvernement avait accordé des permis de garderie à des donateurs au Parti libéral, notamment à des employés et proches collaborateurs de l'ex-ministre de la Famille, Tony Tomassi.

M. Charest a dit que son gouvernement était intègre et qu'il s'agissait d'allégations non prouvées. Il a ajouté ne pas craindre les conclusions de la Commission Charbonneau, qui se penche sur la corruption dans l'industrie de la construction, tout en rappelant avoir mis sur pied l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Comme il avait fait la veille, cherchant à faire croire que sa rivale n'est pas blanche comme neige, M. Charest a notamment reproché à Mme Marois le fait qu'une adolescente de 17 ans avait contribué illégalement à sa course au leadership en 2005.

A propos de la crise étudiante du printemps, qui avait été évacuée du débat de la veille, M. Charest a dit que Mme Marois avait abdiqué ses responsabilités en prenant le parti de la rue. Elle a répliqué qu'il avait choisi d'affronter la jeunesse.

Sur la question nationale, M. Charest a brandi l'épouvantail d'un référendum sur la souveraineté si Mme Marois était portée au pouvoir, présentant ce scénario comme «la dernière chose dont on a besoin».

«Vous jouez au casino avec l'avenir du Québec», a dit M. Charest à sa rivale souverainiste, jugeant inacceptable le risque d'instabilité économique.

Mme Marois a répété sa position à ce sujet, à savoir que l'élection du 4 septembre portait sur un choix de gouvernement et non sur la souveraineté.

Elle a ajouté qu'elle souhaitait tenir un référendum dans un premier mandat, mais qu'elle en tiendrait un seulement quand «une majorité de Québécois seront d'accord».

Mardi soir, pour le deuxième débat de TVA, le chef libéral affrontera le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

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