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Chine: la femme du politicien Bo Xilai condamnée à la peine de mort avec sursis

20/08/2012 04:42 EDT | Actualisé 19/10/2012 05:12 EDT

HEIFEI, Chine - La femme de l'homme politique chinois Bo Xilai, ex-étoile montante du Parti communiste tombée en disgrâce, a été condamnée lundi à la peine capitale avec sursis pour le meurtre d'un homme d'affaires britannique.

La condamnation à mort de Gu Kailai sera commuée en peine de prison à perpétuité après un délai de deux ans. L'un de ses employés, Zhang Xiaojun, a été condamné à neuf ans de prison pour complicité, a déclaré à la presse un responsable du tribunal de Hefei, Tang Yigan.

Quatre policiers accusés d'avoir couvert le crime ont écopé de peines allant de cinq à onze ans de prison.

Gu Kailai a été reconnue coupable d'avoir tué l'homme d'affaires britannique Neil Heywood pour des questions d'argent et parce qu'il menaçait la sécurité de son fils, Bo Guagua, 24 ans, étudiant à Harvard. Les médias officiels avaient affirmé que l'accusée avait avoué le meurtre lors de son procès d'une seule journée, le 9 août.

L'avocat de la famille Heywood, He Zhengsheng, a dit ignorer si les proches de l'homme d'affaires avaient l'intention de faire appel. «Nous respectons la décision d'aujourd'hui», a-t-il commenté.

Gu Kailai et Zhang Xiaojun ont déclaré à la cour qu'ils ne feraient pas appel, selon Tang Yigan.

L'arrestation de Gu Kailai et le limogeage de son mari Bo Xilai, chef du Parti communiste pour la mégapole de Chongqing jusqu'en mars, ont déclenché d'importantes turbulences politiques en Chine.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a décrit Gu Kailai comme une femme dépressive, qui prenait des médicaments et qui a planifié l'assassinat. Elle aurait attiré Neil Heywod dans un hôtel de Chongqing, lui aurait fait boire de l'alcool et lui aurait versé du cyanure dans la bouche.

Le gouvernement chinois s'est efforcé de présenter l'affaire comme un dossier purement criminel, sans aspect politique, mais les déclarations officielles ne dissimulent pas les zones d'ombre du dossier. Des experts en droit et en politique estiment que des questions essentielles demeurent, dont celle de savoir si, et à quel point, Bo Xilai est impliqué dans le crime imputé à sa femme. Son nom a été étonnamment absent de la procédure.

L'affaire a éclaté en février, quand l'ancien chef de la police de Chongqing, Wang Lijun, s'est soudain réfugié au consulat des États-Unis en affirmant aux diplomates américains qu'il soupçonnait que Neil Heywood avait été assassiné et que la famille de Bo Xilai était impliquée.

Le procès rapidement expédié est apparu comme une tentative d'étouffer le scandale avant le renouvellement de la direction du Parti communiste, à l'automne. Avant sa chute, Bo Xilai avait des chances d'entrer au tout-puissant Bureau politique du parti.

Dans un communiqué, l'ambassade du Royaume-Uni s'est félicitée que la Chine ait jugé les responsables de ce crime. L'ambassade précise avoir demandé à Pékin de ne pas appliquer la peine de mort dans cette affaire et de se conformer aux normes internationales en matière de droits de la personne.

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