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La CAQ ne croit pas avoir à se battre avec les médecins (VIDÉO)

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REPENTIGNY, Qc - Son parti se pose comme celui du «changement», mais le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a voulu se faire rassurant lundi sur l'impact des mesures qu'il propose. Histoire que le vent de changement promis ne balaie pas sur son passage les électeurs qu'il tente de séduire.

Au lendemain du premier débat des chefs télévisés, François Legault a fait une apparition publique dans un café de Repentigny où il a reçu un accueil chaleureux.

Pas d'annonce en ce début de quatrième semaine de campagne, mais avant de se laisser bombarder par les questions des journalistes, le chef a tenu à faire une longue mise au point. Il semblait vouloir dissiper certaines idées sur son parti et contrer les critiques sur des aspects plus controversés du programme caquiste.

Ainsi, même si son parti propose de se débarrasser de 7000 emplois dans la fonction publique — dont 4000 à Hydro-Québec — personne ne sera congédié, a insisté le chef caquiste.

«Ce ne sont pas des individus qui vont perdre leurs postes, ce sont des postes qui vont être abolis», a expliqué M. Legault, précisant qu'il s'agit simplement de ne pas remplacer ceux qui partiront volontairement à la retraite.

Il se défend aussi de vouloir charcuter Hydro-Québec, qui encaisse la plus grande compression annoncée dans le cadre financier de la CAQ, soit 600 millions $.

À la société d'État, les économies viendront aussi d'un système d'achats plus efficace, a fait valoir M. Legault, et non pas uniquement de la diminution du nombre d'employés.

Et alors que sa promesse de donner un médecin de famille à chaque Québécois est qualifiée de «pensée magique» par ses adversaires, le chef a affirmé que l'engagement est réaliste et qu'il n'aura pas à se battre contre les médecins pour le concrétiser.

François Legault ne croit ainsi pas rencontrer la résistance du milieu médical.

«Je ne pense pas dans le réseau de la santé. Je pense que s'il y a de la résistance, bien, ça va être des syndicats qui vont perdre des cotisations», a-t-il dit.

Pour atteindre l'objectif d'un médecin de famille par Québécois d'ici un an, la CAQ veut notamment que ceux-ci augmentent leur volume de travail et prennent en charge 1600 patients chacun. Ceux qui passent une bonne portion de leurs semaines à l'hôpital en auraient 1000. Selon les caquistes, les 8000 médecins omnipraticiens actuels seraient donc assez nombreux pour soigner les 8 millions de Québécois s'ils travaillent plus.

Le milieu médical est prêt pour un tel changement, a martelé le chef. Car tout le monde gagne à avoir un réseau plus fonctionnel, dit-il.

Pourtant, même si elle se dit en faveur de changements, la Fédération des médecins omnipraticiens a déjà exprimé ses réticences envers le plan de la CAQ et qualifié ses quotas de patients d'«irréalistes».

Le candidat Gaétan Barrette, qui a précédé son chef au point de presse, avait pris soin cette fois d'ajuster ses flûtes avec lui.

Il a rejeté du revers de la main les critiques de leur politique visant à offrir un médecin de famille à chaque Québécois. Selon l'ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, il ne s'agit pas de «pensée magique» ni de naïveté.

Le ratio du nombre de médecins de famille par patient que sa formation politique met de l'avant est une formule utilisée dans de nombreux pays, comme le Suède et l'Angleterre, a plaidé le docteur.

«Il y a personne qui meurt à l'ouvrage dans les autres pays», commente-t-il.

La promesse est donc réaliste, martèle-t-il aussi.

«Et je n'échouerai pas. Regardez-moi dans les yeux bien correctement: je n'échouerai pas», a-t-il dit avec ferveur.

M. Barrette est ensuite allé prendre un bain de foule au centre commercial Place Saint-Eustache, dans la Couronne nord de Montréal.

Serrant les mains avec aisance des citoyens rencontrés au hasard, il a usé des slogans caquistes en leur demandant s'ils voulaient du changement et s'ils soutenaient la proposition de son parti d'assurer un médecin à chaque Québécois.

Très bien accueilli par la majorité d'entre eux, il a toutefois rencontré des plus craintifs ou des plus cyniques.

«Moi, le changement trop drastique, je n'aime pas cela», a répliqué tout de go un homme dans la quarantaine, buvant un café tout en lisant le journal dans la foire alimentaire du centre commercial.

«Le frère André aussi promettait des miracles», a lancé sur un ton enjoué un homme âgé, au sujet de la promesse de la CAQ sur les médecins de famille.

La suite de la campagne

Avec sa mise au point matinale, le chef François Legault a peut-être aussi laissé entrevoir comment il allait mener le reste de sa campagne.

En redoublant les attaques contre la chef péquiste Pauline Marois en point de presse, il continue à l'identifier comme sa principale menace.

Quant à Jean Charest, il semble s'inquiéter que le chef libéral soit en train de réussir à faire passer son message à l'effet que le PLQ est le parti de l'économie et de l'emploi.

«L'autre défi qu'on a, c'est de tuer le mythe que M. Charest essaie de propager, que c'est un champion en économie», a précisé le chef caquiste.

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