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Julian Assange prend la parole à Londres, une première apparition publique

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JULIAN ASSANGE
Julian Assange, sur le balcon de l'ambassade de l'Équateur à Londres. (PC/Kirsty Wigglesworth) | PC

LONDRES (Royaume-Uni), 19 août 2012 (AFP) - Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est apparu pour la première fois publiquement dimanche, sur le balcon de l'ambassade d'Equateur à Londres, donc à l'abri d'une capture par les policiers britanniques, en demandant aux Etats-Unis de cesser la "chasse aux sorcières" contre son réseau.

M. Assange s'exprimait juste au-dessus de la tête des policiers, depuis le balcon de l'ambassade, considéré comme territoire diplomatique et situé à un rez-de-chaussée surélevé. Il a parlé pendant une dizaine de minutes, avant de rentrer dans l'ambassade sans être inquiété.

"WikiLeaks est menacé, et la liberté d'expression et la bonne santé de toutes nos sociétés également", a lancé M. Assange : "Le gouvernement américain va-t-il retourner aux valeurs révolutionnaires sur lesquelles il a été fondé et les réaffirmer, ou va-t-il sombrer dans le précipice, nous entraînant dans un monde dangereux et oppressif dans lequel les journalistes se taisent de peur d'être poursuivis et les citoyens doivent murmurer dans l'obscurité", s'est-il demandé.

"Le président Obama doit faire le bon choix, a poursuivi M. Assange, et les Etats-Unis renoncer à leur chasse aux sorcières contre WikiLeaks". Il a appelé à la fin de la "guerre" américaine contre ce type de médias en général.

M. Assange a par ailleurs demandé la libération de Bradley Manning, le soldat américain emprisonné sous le soupçon d'avoir fourni à WikiLeaks les câbles diplomatiques américains publiés par le réseau en 2010, au grand embarras de Washington.

Il l'a décrit comme "un exemple pour nous tous", rappelant qu'il avait passé mercredi "son 815ème jour en détention sans procès, alors que le maximum légal est de 120 jours".

Il a appelé ses sympathisants à s'unir contre les atteintes à la liberté d'expression : "il y a une unité dans l'oppression, il doit y avoir absolument une unité et une détermination absolues dans la réponse", a-t-il dit.

Il a aussi longuement remercié les partisans de WikiLeaks, "témoins" qui ont surveillé sa situation, et surtout l'Equateur, un pays qui s'est "levé pour la justice". Il a énuméré aussi toute la liste des pays d'Amérique centrale ou du Sud qui ont fait connaître leur soutien à l'Equateur dans cette affaire, "l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Salvador, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, l'Argentine, le Pérou, le Venezuela et tous les autres".

Il a remercié aussi sa famille, et l'a assurée qu'ils seraient "bientôt réunis", ainsi que les habitants des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de Suède qui l'ont soutenu.

Des centaines de personnes, militants et badauds, étaient venues l'écouter. M. Assange est apparu très élégant, chemise bleue et cravate à motifs bordeaux, coiffé et rasé de frais, et hâlé. Il a levé les deux pouces en l'air avant de rentrer dans l'ambassade sous les "hourras" de la foule.