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Débat des chefs: La corruption et le financement des partis au coeur des enjeux

19/08/2012 08:52 EDT | Actualisé 19/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - D'abord sur la défensive sur la question de la corruption, le chef libéral Jean Charest est passé à l'offensive envers la chef péquiste Pauline Marois, dimanche soir, à l'occasion du premier débat télévisé des chefs de la campagne électorale.

Attaqué par ses adversaires sur l'intégrité de son gouvernement, M. Charest a commencé par dire qu'il n'avait jamais fermé les yeux sur la corruption, faisant valoir qu'il fallait des preuves sur lesquelles s'appuyer avant de déclencher une enquête comme la commission Charbonneau.

Il est passé à l'attaque contre le Parti québécois, en rappelant les conclusions du rapport Moisan, paru il y a quelques années, et qui avait mis en cause le financement du parti.

«C'est faux ce que vous affirmez!», s'est exclamée aussitôt la chef péquiste, en disant qu'il était urgent de se débarrasser du gouvernement qui a fait l'objet de nombreuses allégations de manquements à l'éthique au cours des dernières années, notamment dans l'attribution de places en garderie et du financement du PLQ.

«On fait notre financement de manière intègre», a répliqué M. Charest sans broncher, se disant prêt à afficher le rapport Moisan sur le site web de son parti.

Plus tôt, le chef libéral et le chef de la Coalition avenir Québec François Legault avaient croisé le fer, lors du premier échange portant sur l'économie, en cherchant à déterminer si, oui ou non, les Québécois étaient plus riches aujourd'hui qu'en 2003, lors de l'élection des libéraux.

François Legault, qui en était à son premier débat à vie, a accusé avec aplomb M. Charest de ne pas avoir livré la marchandise, si bien que le Québec affichait maintenant l'une des pires performances des provinces canadiennes, étant passé de la 4e à la 9e place pour le revenu disponible, sous le règne des libéraux.

«Pendant qu'on marche, les autres courent», a-t-il dit pour résumer sa pensée.

Jean Charest a répliqué en soutenant que le revenu disponible des Québécois était plus élevé aujourd'hui qu'en 2003, et ce, malgré une crise économique. Il a indiqué que l'un des plus grands dangers qui guettaient le Québec était la crise économique mondiale.

Le débat de dimanche de deux heures, animé par Anne-Marie Dussault et Emmanuelle Latraverse, était diffusé par un consortium formé de Radio-Canada, Télé-Québec et RDI. Les trois suivants, sur les ondes du réseau TVA lundi, mardi et mercredi, donneront lieu à des face-à-face d'une heure entre deux des chefs, chaque soir.

Les chefs devaient débattre autour de quatre thèmes: l'économie, les politiques sociales, la gouvernance et l'identité.

À maintes reprises, la chef péquiste a accusé son ex-collègue François Legault, de cultiver «la pensée magique», en multipliant les promesses coûteuses sans dire comment il allait les financer.

M. Legault s'est engagé à ne pas augmenter les taxes, les impôts et les tarifs.

Le chef de la CAQ a tenté de déstabiliser Mme Marois en lui demandant à maintes reprises combien il manquait de médecins de famille au Québec. Mme Marois a préféré rester sur son terrain à elle, cherchant à dénigrer le programme de son adversaire, en jugeant irréaliste de promettre un médecin de famille pour tous d'ici un an.

En conclusion des échanges, Jean Charest a lancé un appel aux Québécois.

«J'ai besoin de vous le 4 septembre!». Un vote pour Mme Marois entraînera la tenue d'un référendum et des chicanes avec Ottawa, selon lui.

M. Charest, en général très sûr de lui, a paru déstabilisé quand la chef péquiste l'a accusé de s'être «mis à genoux devant Ottawa» et de n'avoir jamais défendu les intérêts du Québec auprès du gouvernement fédéral, avec lequel il n'a entretenu «aucun rapport de forces».

«Vous n'avez pas le monopole de l'amour du Québec», a lancé de son côté M. Legault à Mme Marois, faisant valoir qu'il n'était pas nécessaire d'être souverainiste pour faire progresser le Québec et respecter la langue française.

Mme Marois a dénoncé le «laxisme total» du gouvernement Charest en cette matière.

Tout au long du débat, la porte-parole de Québec solidaire et la moins expérimentée des quatre, Françoise David, a réussi à faire sa place et à faire valoir ses idées, notamment pour condamner l'éventuelle exploitation pétrolière à l'île d'Anticosti.

Candidate dans Gouin, Mme David a dit que ce serait «un grand honneur» pour elle de faire son entrée à l'Assemblée nationale, si les électeurs lui font confiance.

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