Quelle marge de manoeuvre pour le nouveau médiateur de l'ONU en Syrie?

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Lakhdar Brahimi à Khartoum, le 27 mai 2012. (AFP)
Lakhdar Brahimi à Khartoum, le 27 mai 2012. (AFP)

La nomination de Lakhdar Brahimi comme nouveau médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie est unanimement saluée. Y compris par Damas, Pékin et Moscou. L'ancien chef de la diplomatie algérienne se dit lui-même peu confiant quant à ses chances de réussite.

« C'est une mission extrêmement complexe et très, très difficile », a déclaré Lakhdar Brahimi en entrevue avec l'Associated Press. Conscient des difficultés qui l'attendent, le diplomate chevronné, qui fut émissaire de l'ONU en Afghanistan et en Irak, espère qu'une intervention militaire ne sera pas nécessaire. Le seul fait d'évoquer cette option revient à admettre l'échec de la voie diplomatique, a-t-il souligné.

Au lendemain de sa nomination, la Russie, qui s'est opposée à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU contre le régime de Bachar Al-Assad, a délimité le champ de manoeuvre du médiateur. Moscou a indiqué par voie de communiqué qu'elle comptait sur le fait que « Lakhdar Brahimi basera son travail sur la plate-forme déjà existante de la "feuille de route" pour un règlement en Syrie », à savoir : le plan de paix élaboré par Kofi Annan et l'accord de Genève sur les principes d'une transition politique.

Le ministre russe des Affaires étrangères a également précisé samedi qu'il s'opposait à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Syrie, une idée évoquée samedi dernier par les États-Unis et la Turquie. « Cela constituerait une violation de la souveraineté si elle incluait le territoire syrien », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

« Mon message à l'émissaire spécial Brahimi est simple: les États-Unis sont prêts à vous soutenir et à assurer une paix durable qui fasse respecter les aspirations légitimes du peuple syrien à un gouvernement représentatif. » -- Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine.

La Chine s'est également félicitée de la nomination de Lakhdar Brahimi et a promis qu'elle coopérerait à sa mission.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a elle aussi, promis son soutien face à « l'immense tâche qui l'attend ».

Lakhdar Brahimi a accepté cette mission au moment où les derniers observateurs de l'ONU en Syrie ont commencé à quitter samedi le pays. Leur mandat expire dimanche. Ils devaient surveiller un cessez-le-feu censé être entré en vigueur le 12 avril, mais qui n'a jamais été respecté.

Pas de répit sur le terrain

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte samedi un raid meurtrier des forces syriennes contre la localité rebelle d'Azaz, située dans la province d'Alep au nord du pays. Près de 40 personnes y ont trouvé la mort, affirme l'OSDH.

Des quartiers de la ville d'Alep étaient également sous le feu de l'artillerie, alors que des combats éclataient dans d'autres secteurs de la capitale économique de la Syrie.

À Homs, où les rebelles contrôlent encore plusieurs quartiers, le secteur de Khaldiyé était bombardé, faisant un mort parmi les civils et sept blessés, dont plusieurs graves.

Dans le sud, la ville de Hirak, dans la province de Deraa, était également pilonnée par les forces régulières.

Les violences auraient fait 129 morts, dont 90 civils, à travers le pays pour la seule journée de vendredi.