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Le vice-président syrien Chareh n'a pas fait défection (TV d'Etat)

18/08/2012 05:42 EDT | Actualisé 18/10/2012 05:12 EDT

Le régime syrien a démenti samedi des informations faisant état de la défection de Farouk al-Chareh, a rapporté la télévision d'Etat citant un communiqué du bureau du vice-président.

"M. Farouk al-Chareh n'a pensé à aucun moment à quitter le pays", a indiqué la télévision d'Etat, après que des chaînes arabes eurent annoncé sa défection vers la Jordanie, citant des rebelles.

Aucune image n'a cependant été montrée du vice-président.

M. Chareh, la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir alaouite (branche du chiisme), est un homme de confiance du régime et a été pendant plus de quinze ans chef de la diplomatie syrienne, avant de devenir vice-président en 2006.

Au même moment, le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), a affirmé dans un communiqué que, selon des informations préliminaires, il y aurait eu une "tentative de défection" qui "s'est soldée par un échec".

"Nous ne confirmons ni ne démentons les informations liées à la défection" du vice-président, indique le communiqué de l'ASL.

"Ce genre d'opérations, à ce niveau, impliquant d'importantes personnalités, s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures de sécurité qui requièrent beaucoup de précaution au moment d'évoquer de telles informations", poursuit l'ASL.

Interrogé par l'AFP, un responsable jordanien sous couvert de l'anonymat a démenti que M. Chareh soit dans le royaume.

Le communiqué du vice-président indique que "depuis le début de la crise, et en particulier depuis la réunion (de dialogue national) de Damas en juillet 2011, M. Chareh travaille avec les différentes parties pour arrêter l'effusion de sang en vue (...) d'une réconciliation nationale qui préserverait l'unité du pays (...) loin de toute intervention militaire étrangère".

La réunion de juillet 2011, tenue près de quatre mois après le début de la révolte contre le régime, avait réuni environ 200 personnes dont des membres du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, des indépendants et des représentants de la société civile, mais elle avait été boycottée par l'opposition.

Dans le communiqué publié par son bureau, M. Chareh salue également la nomination vendredi du nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a rapporté la télévision d'Etat.

Le régime syrien a été secoué dernièrement par des défections spectaculaires comme celle du Premier ministre Riad Hijab, un ancien fidèle du régime, ou encore du général Manaf Tlass, le plus haut gradé syrien ayant fait dissidence, qui était un ami d'enfance du président Bachar al-Assad.

La Ligue arabe avait proposé en janvier que M. Chareh dirige une période de transition vers un Etat démocratique, à la place du chef de l'Etat, le qualifiant d'"homme de consensus".

Agé de 73 ans, M. Chareh est né à Deraa, dans le sud de la Syrie, qui fut le berceau de la contestation contre Bachar al-Assad en mars 2011.

Il avait proposé dès le début de la crise de servir de médiateur mais les durs du régime l'avait brutalement éconduit, selon des diplomates européens en poste à l'époque à Damas.

rim-ram/vl

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