NOUVELLES

Débat des chefs et face-à-face: Charest tente de réduire les attentes

18/08/2012 10:58 EDT | Actualisé 18/10/2012 05:12 EDT

LAVAL, Qc - Jean Charest a opté pour la prudence samedi évitant tout excès de confiance à la veille du débat des chefs et à quelques jours des face-à-face qui pourraient sceller le sort de ses troupes.

Conscient de la pression qui pèse sur lui alors que son parti au pouvoir depuis neuf ans tire de l'arrière dans les sondages, le chef libéral s'est employé à réduire les attentes, assumant le rôle du négligé.

En conférence de presse à Laval, M. Charest a dit s'attendre à être la cible «d'attaques féroces» de la part de ses opposants politiques à qui il reproche d'avoir mené une charge tous azimuts contre son gouvernement depuis quatre ans.

«Depuis les quatre dernières années, nous avons fait l'objet d'une campagne extrêmement négative, délibérée, de la part de nos adversaires. Très, très négative. Pensez-vous que ça va soudainement changer le soir du débat? Non, je ne me fait aucune illusion, ça va être ça le débat», a lancé le chef libéral.

Les débats en campagne électorale sont rarement des points tournants, a aussi argué M. Charest, qui en sera à son septième exercice du genre en carrière. Ces événements sont plutôt l'occasion, selon lui, de s'adresser directement aux électeurs.

De loin le plus expérimenté des aspirants au pouvoir, le leader libéral a pris soin de ne pas sous-estimer le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, pour qui le débat de dimanche sera le baptême du jeu.

Lorsqu'il siégeait comme député et ministre péquiste à l'Assemblée nationale, M. Legault a amplement démontré ses qualités de «debater», a fait remarquer M. Charest.

Quant à elle, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, en sera à son deuxième débat des chefs depuis 2008. Aux reporters, M. Charest a donné un avant-goût de l'argumentaire qu'il entend utiliser contre sa vis-à-vis péquiste.

«C'est quand même pas rien, Québec solidaire a été capable de rendre public son cadre financier puis Pauline Marois n'est pas capable. Elle a quoi à cacher?» a-t-il soulevé.

Pour le reste, M. Charest jouera assurément la carte de la rigueur budgétaire en période d'incertitude économique contre l'instabilité «de la rue», qu'il associe au Parti québécois.

«Je vois ce qui se passe en Europe, je vois ce qui se passe aux Etats-Unis, on n'a pas au Québec le luxe de se payer une période d'incertitude, de référendum, avec la rue qui gouverne. La rue qui gouverne, ça veut dire quoi quand on va négocier les conventions collectives des employés de l'Etat? Avec des partis politiques qui sont prêts à tout céder et à tout donner», a-t-il déclaré.

Le débat des chefs, dimanche, sera suivi le lendemain du face-à-face télévisé Charest-Marois et mardi, du duel Charest-Legault.

Avant d'interrompre sa campagne pour parfaire sa préparation au débat de dimanche, le chef libéral a pris un engagement dans la circonscription de Laval-des-Rapides pour favoriser l'utilisation du transport en commun.

Reportés au pouvoir, les libéraux autoriseraient l'aménagement de 11 500 nouveaux espaces de stationnement destinés aux travailleurs de la couronne de Montréal qui se rendent quotidiennement dans la métropole.

Évalué à 63 millions $, l'investissement permettrait d'accroître de 30 pour cent les espaces de stationnement existants et en cours de réalisation sur l'ensemble du territoire de l'Agence métropolitaine de transport (AMT).

Un gouvernement libéral injecterait également 21 millions $ pour l'aménagement de 1500 places de stationnements incitatifs à la station de métro Montmorency.

PLUS:pc