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Damas dément la défection annoncée du vice-président syrien

18/08/2012 07:58 EDT | Actualisé 18/10/2012 05:12 EDT

Le régime syrien a affirmé samedi que, contrairement à ce qu'avaient annoncé des télévisions arabes, le vice-président Farouk al-Chareh n'avait pas trahi, tandis que les rebelles ont évoqué l'échec d'une "tentative de défection".

Les forces du régime bombardaient samedi plusieurs bastions rebelles, en particulier dans le nord du pays, et la poursuite des violences accentuait les craintes d'une propagation du conflit au Liban voisin, où trois Syriens ont encore été enlevés samedi, après une série de rapts.

"M. Farouk al-Chareh n'a à aucun moment pensé à quitter le pays", a assuré la télévision d'Etat syrienne, démentant un départ du vice-président vers la Jordanie, annoncé par des chaînes arabes.

Le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL), force d'opposition armée composée de déserteurs et de combattants civils, a affirmé dans un communiqué qu'il y aurait eu "une tentative de défection" qui s'était "soldée par un échec".

Le régime syrien a été récemment secoué par des défections au plus haut niveau, comme celle du Premier ministre Riad Hijab, ou encore du général Manaf Tlass, un ami d'enfance du président Bachar al-Assad.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait affirmé jeudi à l'AFP que de nouvelles défections "spectaculaires" auraient lieu prochainement.

Dans un communiqué de son bureau cité par la télévision d'Etat, M. Chareh a salué la nomination du diplomate algérien Lakhdar Brahimi comme médiateur international pour la Syrie. La chaîne n'a cependant pas montré d'image de cet homme de confiance du régime, la personnalité sunnite la plus en vue au sein du pouvoir dominé par les alaouites (branche du chiisme).

Au lendemain de la nomination de M. Brahimi pour succéder à Kofi Annan, la Russie, alliée de Damas, a dit compter sur le diplomate algérien pour s'appuyer sur le plan de paix de M. Annan et l'accord de Genève sur les principes d'une transition politique.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a en outre appelé à un nouveau cessez-le-feu, mais cette fois "sous la responsabilité des acteurs étrangers qui ont une influence aussi bien sur le gouvernement que sur les détachements armés de l'opposition", dans un entretien à Sky News Arabia.

Il s'est en revanche à nouveau déclaré hostile à la zone d'exclusion aérienne que réclament les rebelles comme cela avait été le cas en 2011 en Libye.

Sur le terrain, l'armée syrienne pilonnait samedi plusieurs bastions rebelles, dont la localité rebelle d'Azaz (nord), déjà cible mercredi d'un raid aérien dévastateur qui avait fait une quarantaine de morts, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les bombardements et les combats ont également repris samedi dans plusieurs quartiers d'Alep, théâtre depuis près d'un mois d'une bataille cruciale entre les rebelles et le régime.

Les forces régulières pilonnaient aussi Hirak, dans la province de Deraa (sud), et le quartier de Khaldiyé, dans la ville de Homs (centre).

Selon l'OSDH, plus de 40 corps non identifiés ont été retrouvés vendredi à Damas et sa province, et plus de 65 corps la veille à Qatana, à 20 km au sud-ouest de la capitale. Des militants ont affirmé que ces derniers avaient été exécutés, sans préciser s'il s'agissait de civils ou de rebelles.

"Depuis quelques jours, on retrouve de plus en plus de corps non identifiés qui sont enterrés sans qu'on soit en mesure de savoir à qui ils appartiennent", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, réclamant une enquête.

Au Liban, la menace d'une contagion des violences en Syrie, qui ont fait plus de 23.000 morts en 17 mois selon l'OSDH, s'est précisée cette semaine avec de nombreux rapts de Syriens, dont trois enlevés samedi matin par des hommes armés dans un entrepôt sur la route de l'aéroport international de Beyrouth.

Principal allié de Damas dans la région, l'Iran a accepté de participer, à l'invitation du président égyptien Mohamed Morsi, à un groupe de contact sur la Syrie avec l'Egypte mais aussi l'Arabie saoudite et la Turquie, deux pays qui soutiennent les insurgés.

Nommé au lendemain de la décision du Conseil de sécurité de mettre fin, faute de consensus, à la mission des observateurs de l'ONU chargés de surveiller une trêve qui n'a jamais été appliquée en Syrie, M. Brahimi a reçu le soutien de la Chine, des Etats-Unis et de l'Union européenne, mais il s'est déjà dit peu confiant quant à ses chances de résoudre la crise.

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