Bell s'est offert samedi une double page de publicité dans La Presse et Le Devoir pour promouvoir son « engagement à soutenir l'économie et la culture du Québec ». Le groupe média est dans la mire de ses concurrents, qui s'inquiètent des conséquences du possible rachat d'Astral Media.

Dans sa publicité, Bell répond aux critiques formulées par Québecor, Cogeco, Eastlink ainsi que par Télus, qui s'opposent tous à l'acquisition d'Astral. L'entreprise rappelle que son siège social est établi au Québec depuis 132 ans et qu'elle est « très fière » de « faire partie du paysage québécois » depuis plus d'un siècle.

Le groupe, qui est déjà propriétaire du réseau de télévision généraliste CTV et d'une trentaine de chaînes spécialisées, aligne les chiffres pour prouver son implication dans la province.

On peut lire pêle-mêle que Bell a « investi plus de 20 millions de dollars » dans la culture québécoise, ou que le groupe s'est engagé à soutenir des initiatives en santé mentale à hauteur de 20 millions de dollars.

On y apprend également que Bell a versé 1,2 milliard de dollars en « salaires, pensions et avantages sociaux », sans que soit précisée la période concernée. L'entreprise souligne par ailleurs que ses « achats locaux contribuent grandement à faire rouler l'économie de la province ». Le groupe média annonce ainsi qu'il a dépensé 2,1 milliards de dollars en 2011 dans l'achat de biens et services auprès d'entreprises québécoises.

Les PDG de Cogeco, Eastlink et Québecor s'étaient eux aussi offert une page de publicité, le 7 août dernier, pour dénoncer l'offre d'achat de Bell sur Astral Media. Les trois groupes considèrent que la transaction se traduirait par une réduction de la concurrence à l'échelle, dont les consommateurs canadiens feraient les frais.

Bell avait aussitôt rétorqué par voie de communiqué en s'engageant à investir 80 millions de dollars dans la production de contenu en français à la télévision, à la radio et sur des plateformes numériques.

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