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Un groupe craint pour l'aide offerte à la Syrie après la fin de son financement

17/08/2012 04:11 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les membres d'un organisme canadien croient que la Syrie pourrait être privée de fournitures médicales dont le pays a un besoin urgent, maintenant que le ministre canadien des Affaires étrangères a annulé son financement.

Plus tôt cette semaine, John Baird est subitement revenu sur son intention de fournir 2 millions $ pour l'achat de fournitures médicales au groupe Secours canadien pour la Syrie (Canadian Relief for Syria).

M. Baird avait promis cette aide la semaine dernière, lors d'un déplacement en Jordanie.

Il a expliqué que le gouvernement avait changé d'idée après s'être inquiété du fait que l'argent puisse plutôt servir à la construction d'entrepôts ou d'infrastructures.

Les membres de l'organisation affirment que cela n'a jamais été leur but et craignent maintenant que l'argent ne soit remis à des groupes à l'extérieur de la Syrie.

Secours canadien pour la Syrie affirme que les résidants du pays déchiré par la guerre sont ceux qui ont le plus besoin de l'aide du Canada. Selon un membre du groupe, le Dr Anas Al Kassem, les fonds seront utilisés à des fins médicales. «Nous voulons cet argent. Le matériel médical qui devait être acheminé en Syrie sera utilisé en Syrie.»

Pour le docteur Al Kassem qui a opéré en Syrie encore la semaine dernière, l'important est que l'aide se rende au pays; que ce soit son groupe ou une autre organisation qui en profite. Il a précisé que la demande de 2 millions $ avait été élaborée en détail et que chaque article devait servir à soigner les gens. «Je ne suis pas certain qu'il y a eu une fausse interprétation, mais une chose est sûre, il n'y a aucune indication à l'effet que nous comptons construire des entrepôts.»

Le Dr Al Kassem demande au gouvernement de s'assurer que l'argent soit expédié en Syrie et non pas à des pays voisins ou aux réfugiés, tout en ajoutant que les personnes à l'intérieur de cet État en conflit ont un besoin urgent d'aide du Canada.

Le chirurgien torontois spécialisé en traumatologie a relaté une journée horrible la semaine dernière où il a dû effectuer plusieurs amputations sans anesthésie convenable. «Une journée, je n'avais même pas de morphine. Je n'avais pas de narcotiques, j'ai dû amputer des membres en administrant seulement des comprimés. C'est inimaginable.»

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