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Tunisie: troubles liés aux salafistes depuis plus d'un an

17/08/2012 09:49 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Rappel des principaux troubles liés aux salafistes tunisiens, qui sont repassés à l'offensive contre des événements culturels, bloquant des spectacles jugés contraires à l'islam.

--2011--

- 26 juin: Une cinquantaine d'islamistes tentent d'empêcher par la force la projection à Tunis d'un film de la cinéaste Nadia El Fani, intitulé "Ni Allah, ni maître" qui parle de la place de la laïcité. Deux jours après, des avocats sont agressés devant le palais de justice où doivent comparaître les manifestants salafistes arrêtés.

- 7 oct: La diffusion par la chaîne privée Nessma TV du film franco-iranien "Persepolis" suscite une vague de violences de la part d'extrémistes choqués par une scène où Dieu est représenté, ce que proscrit l'islam. Une tentative d'attaque contre les locaux de la chaîne est déjouée, mais le 14 octobre la maison du patron de Nessma, Nabil Karoui, est attaquée et visée par des coktails Molotov.

En mai 2012, le patron de la chaîne a été condamné à une amende pour atteinte au sacré.

- 28 nov: Début d'un sit-in d'étudiants et de salafistes réclamant l'accès en cours des filles en niqab (voile islamique intégral) à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis. Depuis, les cours ont été interrompus à plusieurs reprises et de nombreux incidents ont eu lieu à la faculté, où l'administration soutenue par des enseignants refuse le port du niqab pour raisons sécuritaires et pédagogiques.

--2012--

- 26 mars: Le parti islamiste Ennahda, qui domine l'Assemblée nationale constituante, renonce à toute référence explicite à la charia dans la future Constitution. La décision intervient dans un contexte marqué par des tensions entre islamistes radicaux réclamant la charia dans le futur texte fondamental et modernistes et laïcs qui veulent un Etat civil.

- 5 avr: Deux jeunes sont condamnés à sept ans et demi de prison pour avoir publié sur Facebook des caricatures de Mahomet. Le 11, un Tunisien est condamné à quatre ans de réclusion pour avoir commis des actes de profanation du Coran.

- 21 mai: Le ministre de la Justice met en garde les salafistes, qui ont tenté d'interdire la vente d'alcool à Sidi Bouzid (centre) en fermant par la force plusieurs bars. Le 27, une quinzaine de personnes sont arrêtées après des violences provoquées par des groupes salafistes qui ont incendié des postes de police et attaqué des bars dans le Nord-Ouest.

- 11-12 juin: Vague de violences dans tout le pays impliquant des groupes de salafistes et de casseurs qui attaquent des postes de police et des bâtiments administratifs. Un mort et plus de 100 blessés dans le pays.

Les violences ont démarré à la suite d'une controverse autour d'une exposition, "Printemps des Arts", à La Marsa (banlieue de Tunis), où plusieurs oeuvres, dénoncées par les réseaux salafistes comme impies et attentatoires "aux valeurs du sacré", ont été lacérées ou brûlées.

- 17 août: Quelque 200 militants radicaux, armés de bâtons et de sabres, attaquent un événement organisé dans le cadre de la "Journée al-Aqsa", faisant cinq blessés. Il s'agit du 3e spectacle en trois jours à avoir été pris pour cible par des fondamentalistes.

acm/ao

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