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Tunisie: deux journaux protestent contre un directeur nommé par le pouvoir

17/08/2012 06:28 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Les quotidiens tunisiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français) ont publié vendredi sur leurs Unes respectives des éditoriaux vierges pour protester contre la nomination par le gouvernement d'un nouveau directeur général à la tête du groupe auquel ils appartiennent.

Un encart blanc barré du mot éditorial était publié par ces journaux dans leur édition de vendredi pour protester contre la nomination à la tête du groupe de Lotfi Touati, un ancien rédacteur en chef d'un journal concurrent.

Le Temps a publié un communiqué des deux rédactions proclamant leur "refus catégorique de cette nomination et la méthode du parachutage" par le gouvernement, dominé par les islamistes du parti Ennahda.

Elles y proclament également leur "attachement à l'indépendance de la ligne éditoriale de (leur) établissement et les principes sur lesquels elle oeuvre depuis plus d'un demi siècle, ainsi qu'à la défense d'une presse libre, indépendante et pluraliste après la Révolution du 14 janvier" 2011".

Le groupe de presse tunisien auquel appartiennent les deux journaux est passé sous le contrôle de l'Etat après la révolution. Il était jusqu'alors sous la coupe de Sakher El Materi, gendre du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Le gouvernement tunisien a été accusé à plusieurs reprises ces derniers mois de chercher à prendre le contrôle de médias publics en procédant, sans consulter les rédactions, à une série de nominations à la tête de télévisions, de radios et de journaux.

En juillet, l'Inric, l'instance chargée de la réforme des médias, s'est même sabordée pour dénoncer la "censure", accusant le pouvoir d'user d'"outils de désinformation et de censure".

alf/vl

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