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Syrie: Fabius s'attend à "de nouvelles défections de grande ampleur"

17/08/2012 02:49 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

PARIS - PARIS (Sipa) — Le régime de Bachar el-Assad va subir "de nouvelles défections de grande ampleur", a affirmé vendredi matin le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, en tournée dans les pays limitrophes de la Syrie.

Le chef de la diplomatie française a notamment rencontré le roi Abdallah II de Jordanie. "Ce qui nous frappe incontestablement, c'est le nombre des défections qui ont lieu", a-t-il déclaré sur Europe-1, depuis Beyrouth (Liban).

"La Jordanie a accueilli avant-hier l'ancien Premier ministre syrien" Riad Hijab, a rappelé Laurent Fabius, avant d'ajouter: "On m'annonce qu'il va y avoir de nouvelles défections de grande ampleur".

A ses yeux, "c'est un signe que le pouvoir se délite", même si "Bachar garde une force aérienne très puissante" avec laquelle il bombarde la population. "Ce sont des opérations absolument impitoyables", a-t-il déploré.

"Je souhaiterais le plus vite possible que Bachar el-Assad tombe", a répété Laurent Fabius, en expliquant que la France ne pouvait livrer que "des équipements non létaux" à l'insurrection.

Le Qatar, l'Arabie saoudite et d'autres pays font passer des armes aux rebelles syriens mais "nous, les Européens, nous avons décidé un embargo sur les armes", a rappelé le chef de la diplomatie française. En outre, "il ne faut pas qu'on livre des armes à des personnes dans des conditions qui se retourneraient ensuite contre nous", a-t-il mis en garde. Selon lui, des armes fournies aux rebelles libyens se trouvent aujourd'hui dans le nord du Mali, entre les mains de groupes qui aimeraient attaquer des objectifs européens.

Le conflit syrien "commence" à se propager au Liban, a par ailleurs estimé le ministre français: "C'est ça qu'il faut absolument empêcher, cette contagion". Selon lui, cela rend "complètement vaine" la thèse de la Russie selon laquelle l'ONU ne peut s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie. Avec cette propagation au Liban, "ça n'est plus une affaire intérieure, ça devient une affaire internationale".

cb

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