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Syrie: combats près de l'aéroport d'Alep et dans plusieurs quartiers de Damas

17/08/2012 10:47 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes ont affronté les rebelles vendredi près de l'aéroport d'Alep, ont annoncé les médias officiels syriens vendredi. C'est la première fois que le régime reconnaît officiellement que des combats se déroulent près de la porte d'entrée stratégique de la plus grande ville de Syrie.

Alors que les combats faisaient rage à Alep et dans la capitale, Damas, les Nations unies ont annoncé vendredi que Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères et diplomate expérimenté de l'ONU, agirait comme émissaire spécial de l'organisation en Syrie. Il aura pour mission de relancer les efforts visant à trouver une solution diplomatique au conflit.

M. Brahimi, ancien émissaire de l'ONU en Irak et en Afghanistan, remplace l'ancien émissaire Kofi Annan, qui a annoncé qu'il quittait son poste à la fin du mois après avoir échoué à faire respecter un cessez-le-feu en Syrie, malgré des mois de négociations.

Sa nomination a été annoncée au moment où les observateurs de l'ONU commençaient à préparer leur départ de Syrie, dans la perspective de la fin de leur mission. L'équipe devait superviser l'application d'un cessez-le-feu qui n'a jamais tenu, et s'est plutôt retrouvée à documenter certaines des attaques les plus meurtrières depuis le début du conflit en Syrie.

Les deux parties «ont choisi la voie de la guerre», a déploré le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet.

Les Nations unies prévoient maintenir un petit bureau de liaison en Syrie pour appuyer les éventuels efforts de paix.

Le conflit en Syrie, qui dure depuis 17 mois, a fait au moins 20 000 morts, selon les estimations des opposants. Au cours des deux derniers mois, les affrontements se sont étendus aux deux principales villes du pays, Damas et Alep, autrefois considérées comme des bastions du président Bachar el-Assad. Les rebelles maintiennent leur emprise sur ces villes même s'ils sont surpassés en force et en nombre par l'armée gouvernementale.

À Damas, des militants de l'opposition ont signalé des bombardements et des affrontements dans plusieurs zones de la capitale vendredi, notamment dans des quartiers de l'ouest considérés comme des refuges des rebelles.

Un militant présent à Damas, Moaz al-Shami, a décrit des bombardements «incessants» et a affirmé que des tireurs étaient installés sur le mont Kassioun, qui surplombe la ville.

À Alep, les combats près de l'aéroport laissent penser que le conflit se déplace vers de nouveaux fronts, même si les insurgés ont été délogés de certaines zones de la ville.

L'agence de presse officielle SANA a déclaré que des «groupes terroristes armés», le terme désignant les opposants, avaient été repoussés des secteurs situés des deux côtés de l'aéroport, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud-est du centre historique d'Alep. L'agence ne précise pas si les combats se sont déroulés près de l'aéroport ou de la base militaire adjacente, à partir de laquelle l'armée mène ses attaques aériennes contre les bastions des rebelles dans le nord du pays.

Les civils continuent de fuir en grand nombre vers la Turquie voisine. Un porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Adrian Edwards, a déclaré que 3500 Syriens avaient passé la frontière turque mardi et mercredi. Près de 65 000 Syriens sont désormais réfugiés dans neuf camps de réfugiés en Turquie, dont environ 40 pour cent sont arrivés ce mois-ci.

En Jordanie, près de 2700 réfugiés syriens sont arrivés entre mardi et vendredi, portant à plus de 150 000 le nombre de réfugiés syriens dans ce pays, a-t-il indiqué.

Le conflit menace de s'étendre au Liban. Mercredi, des membres armés du clan familial chiite d'un Libanais détenu par l'opposition syrienne ont déclaré avoir capturé plus de 20 Syriens et un Turc, affirmant qu'ils seraient gardés en otage jusqu'à la libération de leur parent.

Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré qu'un autre ressortissant turc, un chauffeur du nom d'Abdel Basit Erslan, avait été enlevé jeudi soir par des hommes armés à Choueifat, dans la banlieue de Beyrouth. La Turquie a appelé ses ressortissants à éviter tout voyage vers le Liban et a demandé aux Turcs présents sur place de prendre «toutes les précautions nécessaires» pour assurer leur sécurité.

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