NOUVELLES

SADC: les crises régionales au menu d'un sommet troublé par le départ de Zuma

17/08/2012 11:39 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Le sommet annuel de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a été troublé vendredi par le départ précipité du président sud-africain Jacob Zuma, qui est pourtant un acteur clef dans les efforts de règlement de plusieurs crises régionales.

M. Zuma a quitté le sommet de Maputo peu après son ouverture officielle pour se rendre à la mine de Marikana, dans le nord-ouest de l'Afrique du Sud, où des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes jeudi, faisant, selon un premier bilan officiel, 34 tués et 78 blessés.

Homme fort de la SADC, il est le président sortant de la "troïka", l'organe de défense et de sécurité de l'organisation régionale qui s'est notamment beaucoup impliqué pour tenter de trouver une solution à Madagascar, et son médiateur attitré dans la crise zimbabwéenne.

"35 personnes sont mortes et c'est un problème majeur. Le Zimbabwe n'en est pas un", a soupiré un proche du président zimbabwéen Robert Mugabe, dans les couloirs du sommet.

M. Mugabe et son principal rival, le Premier ministre Morgan Tsvangirai avec qui il cohabite au sein d'un fragile gouvernement d'union nationale, sont présents à Maputo. Ils ont été convoqués jeudi soir pour plaider leur cause devant la "troïka" et attendaient beaucoup du sommet pour trouver un soutien régional.

Alors que les partis se sont mis d'accord en juillet sur un projet de Constitution --préalable à l'organisation d'élections--, le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Mugabe, ce qui fait craindre un nouveau blocage aux partisans de M. Tsvangirai.

Le sommet n'avait pas encore abordé le cas du Zimbabwe à la fin de sa session formelle vendredi soir, avant que les hôtes ne partent pour un dîner de gala fermé à la presse.

En revanche, les chefs d'Etat des quinze pays de la SADC ont abordé la situation à Madagascar, sans vraiment progresser.

"Pas de résultat pour l'instant", a indiqué à ce propos le ministre des Affaires étrangères des Seychelles, Jean-Paul Adam.

"Il y a des discussions qui continuent", a-t-il ajouté à l'AFP, évoquant des pourparlers indirects en ville entre l'ancien président Marc Ravalomanana et l'actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina.

La SADC, qui joue les médiateurs depuis le renversement du premier par le second lors d'une révolution en mars 2009, leur avait donné jusqu'à jeudi pour s'entendre, menaçant d'isoler le responsable d'un éventuel blocage.

Le sommet devait aussi aborder la situation au Congo.

"Nous sommes très préoccupés par la situation dans l'est de la République démocratique du Congo et nous apportons notre soutien au rétablissement de la paix dans ce pays qui fait partie de la SADC", a relevé l'hôte du sommet, le président mozambicain Armando Guebuza, dont le pays a pris vendredi la tête de l'organisation pour un an.

Une récente réunion à Kampala a évoqué l'envoi d'une "force neutre" dans l'est de la RDC où le mouvement rebelle M23 --appuyé par le Rwanda selon l'ONU-- a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250.000 personnes à fuir les combats.

"Nous recherchons une solution pour le différend opposant la Tanzanie au Malawi" qui se disputent les eaux du lac Malawi où Lilongwe veut chercher du pétrole et du gaz, a aussi indiqué M. Guebuza pendant la cérémonie d'ouverture.

"Ce qui se passe, c'est que nous devons discuter d'abord", a souligné la présidente malawite Joyce Banda.

"Des discussions ont lieu, des responsables de Tanzanie et des responsables du Malawi se rencontrent, ils se rencontreront à nouveau lundi, et je ne peux pas préjuger de leurs discussions", a-t-elle ajouté à l'AFP.

Le sommet de la SADC doit s'achever samedi soir, la plupart des participants restant fort discrets sur le contenu des discussions avant la lecture du communiqué final.

"Ca se passe très bien", a laconiquement lâché la ministre des Affaires étrangères sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane, qui a pris la tête de la délégation de son pays après le départ de M. Zuma.

liu/jms

PLUS:afp