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RDC: des opposants rwandais demandent à la CPI de poursuivre le président Kagame

17/08/2012 08:36 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Des opposants rwandais ont annoncé avoir officiellement demandé vendredi au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre le président rwandais Paul Kagame pour des crimes de guerre commis depuis mars dans l'Est de la République démocratique du Congo.

"Nous demandons au procureur de poursuivre Paul Kagame", a déclaré à l'AFP Nkiko Nsengimana, un responsable des Forces démocratiques unifiées (FDU), le parti de Victoire Ingabire, force d'opposition non reconnue par Kigali.

L'avocat Christopher Black a précisé avoir déposé, au nom des FDU et du Congrès national rwandais (RNC), un autre groupe d'opposition, une requête en ce sens auprès du procureur de la CPI.

Le bureau du procureur a confirmé à l'AFP avoir reçu la requête et indiqué dans un courriel qu'il allait "analyser l'information reçue".

S'appuyant sur un rapport d'experts de l'ONU publié en juin, le FDU et le RNC accusent Paul Kagame de soutenir les mutins du Mouvement du 23 mars (M23), qui combat l'armée congolaise depuis avril dans l'est de la RDC, en leur fournissant armes et munitions, notamment.

"Le M23 est tout simplement une armée rwandaise", a affirmé Nkiko Nsengimana : "ce sont des troupes que Kagame a entraînées, qu'il a armées, c'est lui le chef suprême!".

Devant le siège de la Cour à La Haye, près d'une centaine de Rwandais et Congolais s'étaient rassemblés, chantant "Kagame, assassin!" ou "Kagame, croix gammée!" et réclamant son arrestation immédiate.

M. Nsengimana et Me Black ont assuré que Paul Kagame était responsable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis 1994 en RDC, où le procureur de la CPI enquête depuis 2004, et au Rwanda.

Me Black a toutefois soutenu que M. Kagame ne pourrait, "pour le moment", fautes de preuves, faire l'objet de poursuites que pour des crimes de guerre, à savoir l'utilisation d'enfants soldats par le M23 depuis mars.

Le M23 est essentiellement composé d'ex-rebelles congolais intégrés à l'armée de la RDC après un accord avec Kinshasa le 23 mars 2009 et qui se sont mutinés en avril dans la région orientale du Nord-Kivu, accusant le gouvernement de ne pas avoir respecté les dispositions de cet accord. Quelque 250.000 personnes ont été déplacées par les combats.

Si Kigali a toujours démenti appuyer les mutins, le Rwanda est pointé du doigt dans le rapport d'experts de l'ONU publié en juin, qui affirme que le gouvernement rwandais soutient le M23 en lui fournissant notamment armes, munitions et recrues.

La CPI a délivré plusieurs mandats d'arrêt en lien avec les conflits dans l'Est de la RDC, notamment contre l'ex-chef de milice Thomas Lubanga, condamné le 10 juillet à 14 ans de prison pour l'utilisation d'enfants soldats, et Bosco Ntaganda, toujours en fuite, soupçonné par Kinshasa d'être à la tête du M23.

ndy/jlb

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