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Pauline Marois estime que ses promesses coûteront à terme 1 milliard $

17/08/2012 11:48 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Poussée dans ses derniers retranchements, la chef péquiste Pauline Marois a fini par brandir, vendredi, une estimation du coût de ses promesses électorales.

Mme Marois sera toutefois la seule chef des trois principaux partis politiques à se rendre aux prochains débats télévisés sans avoir dévoilé de cadre budgétaire formel.

«Avec ce que l'on prévoit, ce que l'on a déjà annoncé, on resterait dans l'ordre du un milliard de dollars à terme de nouvelles dépenses pour l'État du Québec», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse où elle a dévoilé son programme pour la région de Québec.

Après l'événement, l'entourage de la chef a ensuite dû expliquer que cette somme s'ajoutera graduellement au budget québécois, au cours d'un mandat péquiste. À la fin de ce terme, de quatre ou cinq ans, une somme de 1 milliard $ s'ajoutera aux dépenses prévues.

Pour compenser totalement ces dépenses supplémentaires, les péquistes misent sur les revenus provenant d'une hausse des redevances minières et de la croissance économique.

Un gouvernement du PQ maintiendrait l'objectif du retour à l'équilibre budgétaire lors de l'exercice 2013-2014.

Mme Marois n'a pas précisé quand elle présentera son cadre financier mais elle a assuré qu'il correspondra au montant avancé vendredi.

«Le cadre financier, qu'il vienne aujourd'hui, qu'il vienne demain matin, qu'il vienne dans 10 jours, il s'inspirera de cet engagement, il respectera cet engagement et il tournera autour du milliard de dollars», a-t-elle dit.

Au cours des deux derniers jours, alors que ses adversaires se préparaient à dévoiler leur cadre financier, Mme Marois a été pressée de questions à ce sujet.

La chef péquiste s'est targuée d'avoir chiffré ses promesses, mais dans le cas de ses engagements en transport et en agriculture, elle a affirmé qu'elle respectera les fonds déjà prévus dans le budget québécois, à «quelques dizaines de millions» près.

Même si elle n'a pas encore complété l'exercice, Mme Marois s'en est pris au cadre financier du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

«C'est de l'amateurisme à mon point de vue, ce sont des propositions écrites sur un coin de table», a-t-elle dit, en s'attaquant principalement aux projets de restructuration et de réduction de personnel avancés par M. Legault.

En dévoilant son plan pour la capitale, Mme Marois a affirmé qu'elle souhaite repenser le fonctionnement de l'État, ce qui ne se traduira pas «nécessairement» par des pertes d'emplois.

La chef péquiste a tout au plus évoqué la possibilité de «réduire la hiérarchie» dans l'administration publique, de manière à ce qu'elle soit «moins lourde».

«Nous ne parlons pas nécessairement de ménage ni de pertes d'emplois, mais cependant il est possible de travailler mieux pour que le citoyen en ait davantage pour son argent», a-t-elle dit.

Mme Marois a fait campagne dans la région de Québec, où le PQ peine à conquérir l'électorat. Les péquistes avaient réussi à faire élire deux députés dans la région en 2008, Mme Marois dans Charlevoix et Agnès Maltais dans Taschereau, à Québec.

Par ailleurs, lors d'une étape à Lévis, la chef péquiste a déclaré qu'elle mettra en oeuvre son programme vers la souveraineté même si elle est élue à la tête d'un gouvernement minoritaire.

Mme Marois a estimé vendredi qu'elle aura toute la légitimité d'appliquer sa stratégie, tout comme le reste de son programme dans d'autres secteurs comme l'agriculture ou les politiques sociales.

Lors d'une conférence de presse, la chef péquiste a indiqué qu'il serait invraisemblable de renoncer à la gouvernance souverainiste parce qu'elle dirige un gouvernement minoritaire.

«À ce moment-là, on renoncerait à gouverner en tout état de cause, a-t-elle dit. Je ne devrais pas gouverner si j'étais au gouvernement minoritaire parce que je n'aurais pas la légitimité d'appliquer des politiques en matière agricole, en matière sociale.»

Avec la gouvernance souverainiste, le PQ souhaite rapatrier des compétences d'Ottawa en attendant de faire la souveraineté.

Vendredi, après avoir rencontré des représentants de l'Union des producteurs agricoles réunis en congrès, Mme Marois a jugé qu'il était hypothétique d'envisager l'élection d'un gouvernement minoritaire.

«C'est une question hypothétique et je travaille pour que nous formions un gouvernement majoritaire», a-t-elle dit, après avoir esquissé les grandes lignes de son programme en matière d'agriculture.

Le candidat de Québec solidaire (QS) Amir Khadir s'est invité de manière impromptue dans la campagne de Mme Marois, vendredi, quelques minutes après que la chef péquiste ait critiqué sa tiédeur envers la souveraineté.

Mme Marois a commenté des propos formulés par M. Khadir dans une entrevue radio, durant laquelle il a exposé son programme vers la souveraineté.

Le candidat de QS a affirmé qu'une assemblée constituante serait chargée de décider si l'indépendance est nécessaire.

Mme Marois a repris à son compte des critiques formulées par l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe, qui a accusé M. Khadir de ne pas être un vrai souverainiste.

«Je pense que M. Duceppe n'avait pas tort, a-t-elle dit. (...) Ça fait un engagement assez tiède à l'égard de la souveraineté.»

Quelques minutes plus tard, M. Khadir, qui se rendait lui aussi rencontrer les représentants de l'UPA, a accusé Mme Marois de vouloir susciter une controverse.

M. Khadir a soutenu que son programme est beaucoup plus clair que celui de Mme Marois en ce qui concerne la souveraineté.

Se défendant de courtiser les électeurs du Nouveau Parti démocratique, le coporte-parole de QS a expliqué que son parti tend simplement la main à tous, même ceux qui sont moins convaincus de la nécessité de faire l'indépendance du Québec.

«Le pari que je prends, ce qu'un indépendantiste comme moi, dans le Canada et le Québec d'aujourd'hui, je suis persuadé qu'on va faire la démonstration à tout le monde, en temps opportun, en temps utile, que pour le projet de société généreux qu'on conçoit pour le Québec, l'indépendance est nécessaire», a-t-il dit.

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