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Nigeria: la police sur les dents avant l'Aïd; arrestation de 4 suspects d'attentat, dont un politique

17/08/2012 01:41 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Le Nigeria, où cinq suspects de meurtres de chrétiens dont l'adjoint d'un gouverneur d'Etat ont été arrêtés vendredi, a renforcé les mesures de sécurité dans tout le pays de crainte de nouveaux attentats du groupe islamiste Boko Haram pour les fêtes de l'Aïd ce week-end.

Les autorités ont recommandé aux habitants d'être vigilants et ont accru les patrouilles, alors que l'ambassade des Etats-Unis a rappelé l'attentat suicide contre le siège des Nations unies le 26 août 2011 à Abuja, et mis en en garde contre "une répétition à l'occasion de cet anniversaire".

"Cette année, les extrémistes ont attaqué dans nombre d'endroits au Nigeria, tuant et blessant des centaines de personnes", selon le communiqué américain.

Les fêtes de l'Aïd ce week-end, souvent appelées Salah au Nigeria, marquent la fin du mois de jeûne de ramadan. Lundi et mardi seront aussi des jours fériés.

A Maiduguri, foyer du groupe islamiste Boko Haram, l'armée est en état d'alerte.

"Nous avons mis en place une sécurité suffisante pour assurer des fêtes de Sallah sans crise", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Sagit Musa, le porte-parole de l'armée.

Dans la plus grande ville du nord, Kano, les fêtes séculaires de l'Aïd, aux cavalcades spectaculaires, ont été annulées, officiellement en raison des problèmes de santé de l'émir, mais les habitants mettent en cause l'insécurité grandissante.

A Jos, grande ville du centre, les autorités ont augmenté la surveillance de deux grands centres religieux où des attaques s'étaient produites, mais d'autres lieux étaient proposés.

Jos a d'ailleurs fait l'objet d'un attentat jeudi soir: une bombe a explosé blessant un civil et endommageant un poste de police, trois maisons et un véhicule.

Ces attaques révèlent la détérioration de la sécurité dans le nord et le centre du pays où Boko Haram est responsable de plus de 1.400 morts depuis 2010.

Cinq personnes, dont l'adjoint du gouverneur de l'Etat de Kogi, dans le centre du Nigeria où avait eu lieu au début du mois des attaques contre une église évangélique et une patrouille de l'armée qui avaient fait 23 morts, ont été arrêtés, a annoncé la police vendredi, sans les mettre directement en cause à ce stade.

Yahaya Karaku, conseiller spécial du gouverneur, et quatre autres personnes "sont détenus et interrogés sur leur responsabilité présumée dans l'attaque de l'Eglise de la Deeper Life Bible et celle d'une patrouille de police", a déclaré le chef de la police de l'Etat Muhammed Katsina.

Des hommes armés ont ouvert le feu lors d'un office dans l'église évangélique le 6 août à Okene dans l'Etat de Kogi, tuant 19 personnes dont le pasteur.

Le jour suivant, des assaillants ont tiré sur une patrouille, déclenchant une fusillade qui a fait deux morts parmi les soldats et deux parmi les assaillants.

La police avait aupparavant annoncé un raid sur une cache présumée de militants ayant effectué des attaques dans l'Etat, arrêtant trois suspects.

Les attaques ressemblaient beaucoup à celles revendiquées par Boko Haram.

Le groupe islamiste serait divisé en plusieurs factions, dont certaines auraient des liens avec des politiciens locaux selon le président Goodluck Jonathan.

Pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de brut d'Afrique subsaharienne, le Nigeria est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.

Boko Haram - qui veut instaurer un Etat islamiste dans le nord - s'est lancé dans une campagne violente et sanglante à la mi-2009.

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