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L'ONU lance un "appel urgent au calme" après les attaques en Côte d'Ivoire

17/08/2012 02:21 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) a lancé vendredi "un appel urgent au calme" après la série d'attaques qui ont visé l'armée et fait monter la tension dans le pays.

L'Onuci "condamne énergiquement" ces attaques "inacceptables" et "lance un appel urgent au calme", a affirmé lors d'un point presse le porte-parole adjoint Kenneth Blackman.

Ces violences montrent "la nécessité pour le pays de poursuivre le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des anciens combattants et anciens miliciens" ayant combattu durant la crise postélectorale meurtrière de 2010-2011, a-t-il poursuivi.

S'exprimant au nom du chef de l'Onuci Bert Koenders, il a estimé que les événements récents "mettent en exergue la nécessité de faire preuve de fermeté et d'une vigilance accrue", mais souligné aussi le besoin de "dialogue", de "réconciliation" et d'une justice "équitable".

La mission onusienne aide les forces ivoiriennes à "renforcer la sécurité", a-t-il ajouté.

En une dizaine de jours, les Forces républicaines (FRCI) ont essuyé des assauts en série à Abidjan, dans ses environs et dans l'ouest du pays, y perdant dix hommes.

Jeudi à Dabou (environ 50 km à l'ouest de la capitale économique), les assaillants ont visé le camp FRCI, les bases de la police et de la gendarmerie, tué trois civils et ouvert la prison d'où se sont évadés des dizaines de détenus.

Le porte-parole adjoint a aussi fait savoir qu'environ 70 personnes au moins étaient retenues depuis quelques jours par les forces de sécurité ivoiriennes pour présumée "tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat" ou implication supposée dans les attaques contre l'armée.

"Il s'agit d'une centaine de personnes, dont les trois quarts sont des civils", a-t-il indiqué, précisant que "32 personnes ont été remises en liberté faute d'indices de culpabilité".

Elles sont soupçonnées de "tentative d'atteinte à la sûreté de l'Etat" ou d'avoir participé aux opérations contre des militaires, a-t-il expliqué.

Les FRCI ont annoncé une "dizaine" d'arrestations après les événements de Dabou. Le gouvernement a fait état d'autres arrestations à la suite des précédentes attaques, qu'il impute à des miliciens ou militaires fidèles à l'ex-président Laurent Gbagbo.

Les arrestations ont notamment visé ces derniers jours les rangs de la Marine, a déclaré à l'AFP une source militaire.

Cependant, la mission onusienne a souligné ne pas avoir encore pu accéder à certains détenus à Abidjan.

L'équipe chargée des droits de l'Homme à l'Onuci "a pu s'enquérir des conditions de détention des personnes interpellées" dans l'intérieur du pays, mais, "dans certains lieux de détention à Abidjan, l'accès aux détenus" ne lui a pas encore été accordé, a relevé M. Blackman.

tmo/aub

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