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Le taux annuel d'inflation a légèrement diminué en juillet au Canada

17/08/2012 08:44 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'inflation annuelle a affiché en juillet un recul inattendu au Canada, tirée vers le bas par la baisse des prix de l'énergie.

Statistique Canada dévoilé que son indice des prix à la consommation s'était établi à 1,3 pour cent sur une base annuelle, ce qui pourrait permettre à la Banque du Canada de garder ses taux d'intérêt à leur faible niveau actuel encore plus longtemps, ont estimé des analystes.

Les principales hausses de prix derrière l'inflation de juillet ont été celles des automobiles, des repas au restaurant, de la viande et de l'électricité, a précisé l'agence gouvernementale.

Malgré tout, l'importance de la hausse des prix a été moindre qu'en juin, lorsque l'inflation annuelle s'était établie à 1,5 pour cent. Les économistes attendaient une inflation de 1,6 pour cent pour le mois dernier.

«Ceci est le reflet d'une économie qui a encore du jeu, a estimé l'économiste en chef de CIBC Marchés mondiaux, Avery Shenfeld. Quand ce n'est pas le plein emploi, le pouvoir d'achat des consommateurs n'est tout simplement pas assez fort pour faire grimper les prix de façon dynamique.»

«Et tant que le taux de chômage sera d'environ sept pour cent, je pense que les dirigeants canadiens vont surtout s'intéresser aux façons de renvoyer les Canadiens au travail, plutôt qu'à celles de freiner la croissance et l'inflation.»

Les prix de l'énergie ont glissé de 1,2 pour cent en juillet par rapport au même mois l'an dernier, après avoir reculé de 0,8 pour cent en juin.

Sur une base mensuelle désaisonnalisée, l'indice des prix à la consommation a fléchi de 0,1 pour cent en juillet, après avoir reculé de 0,2 pour cent en juin.

Les analystes anticipaient une progression de 0,2 pour cent pour juillet.

«L'inflation donne toujours des signes de faiblesse, et même si on sait que l'inflation d'ensemble va augmenter à partir de maintenant pour refléter la hausse des prix de l'essence et des aliments, en général, il semble que nous sommes dans un environnement de prix plutôt calme», a poursuivi M. Shenfeld.

L'inflation annuelle de base — qui exclut des prix des éléments les plus volatils comme ceux de l'énergie et des fruits et légumes frais — s'est appréciée de 1,7 pour cent en juillet, après avoir grimpé de deux pour cent en juin.

La Banque du Canada privilégie une inflation de base de deux pour cent à moyen terme.

Dans le rapport sur la politique monétaire qu'elle a publié plus tôt cet été, la banque centrale a indiqué s'attendre à un ralentissement de la croissance économique, laquelle pourrait passer à 2,1 pour cent par rapport à 2,4 pour cent en 2011, et n'avancer qu'à 2,3 pour cent et 2,5 pour cent en 2013 et 2014 respectivement.

Parmi les sources soutenues de faiblesse se trouvent la hausse du niveau d'endettement des ménages, qui atténuera la consommation, ainsi que la performance sans éclat du secteur de l'exportation, qui souffre toujours du ralentissement de la croissance aux États-Unis, des marchés émergents et de l'Europe.

La Banque du Canada a haussé son taux d'intérêt directeur pour la dernière fois en septembre 2010. Il se trouve actuellement à un pour cent.

«Avec une inflation de base qui se situe en deçà de la cible et des vents externes toujours présents, nous ne nous attendons pas à ce que la Banque du Canada n'amorce un redressement au moins avant que l'année prochaine soit bien entamée», a observé Robert Kavcic, des études économiques de BMO Marchés des capitaux, dans une note aux investisseurs.

Erin Weir, un économiste du Centre canadien de politiques alternatives, a estimé que la banque centrale pourrait même considérer de réduire ses taux davantage.

«Puisque l'inflation est faible, il n'y a pas de pression sur la banque centrale pour hausser les taux d'intérêt. En fait, la Banque du Canada pourrait intervenir pour ramener le taux de change surévalué à des niveaux plus concurrentiels sans engendrer d'inflation significative», a-t-il écrit.

De toutes les provinces, c'est l'Ontario qui a connu la plus faible croissance des prix, alors que le Québec a enregistré la plus forte hausse.

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