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Le diplomate Lakhdar Brahimi devient le nouvel émissaire de l'ONU en Syrie

17/08/2012 07:03 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Lakhdar Brahimi, ancien ministre algérien des Affaires étrangères et diplomate expérimenté de l'ONU, a accepté de remplacer Kofi Annan à titre d'émissaire de l'ONU en Syrie, ont annoncé les Nations unies vendredi.

M. Brahimi, ancien émissaire de l'ONU en Afghanistan et en Irak, a formellement accepté le poste et tentera de relancer les efforts diplomatiques pour trouver une solution à la crise syrienne, a indiqué Eduardo del Buey, porte-parole adjoint du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

«La violence et la souffrance en Syrie doivent prendre fin», a dit M. del Buey. «Le secrétaire général apprécie la volonté de M. Brahimi d'apporter son talent et son expérience considérables à cette tâche cruciale, pour laquelle il aura besoin du soutien fort, clair et uni de la communauté internationale, incluant le Conseil de sécurité.»

Kofi Annan a annoncé plus tôt ce mois-ci qu'il démissionnerait le 31 août de son poste d'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, après avoir échoué à faire appliquer un cessez-le-feu sur le terrain.

«Je réalise que c'est une mission extrêmement compliquée et très, très difficile», a déclaré M. Brahimi lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press vendredi. Il a dit souhaiter qu'une intervention militaire ne soit pas nécessaire, et a estimé que le fait de parler d'une solution militaire était un aveu de l'échec de la voie diplomatique.

Lakhdar Brahimi, âgé de 78 ans, a une longue expérience de travail dans le monde arabe et musulman. Il a été sous-secrétaire général de la Ligue arabe de 1984 à 1991, puis ministre des Affaires étrangères de l'Algérie de 1991 à 1993. Il s'est joint aux Nations unies en 1994, où il a occupé plusieurs postes de haut niveau avant sa retraite, en 2005. En plus de l'Irak et de l'Afghanistan, sa carrière diplomatique l'a notamment mené en Haïti, au Yémen, au Soudan et en Afrique du Sud, où il a supervisé les élections démocratiques ayant porté Nelson Mandela au pouvoir.

M. Brahimi connaît très bien le Moyen-Orient et ses acteurs clés. Il parle couramment l'arabe, l'anglais et le français.

Les années qu'il a passées à tenter de mettre fin à la guerre civile au Liban l'ont mis en contact étroit avec la Syrie, qui a maintenu une importante présence militaire au Liban pendant des années.

Les contacts passés de M. Brahimi avec les dirigeants en Syrie signifient «qu'ils ne pourront pas le duper», a estimé Nadim Shehadi, expert du Moyen-Orient auprès du groupe de réflexion britannique Chatham House.

«Je crois que son plus grand défi sera de convaincre la communauté internationale d'intervenir et de mettre fin au conflit, peu importe ce qu'il faudra pour y arriver, parce que la non-intervention aura un coût beaucoup plus élevé que l'intervention», a dit M. Shehadi lors d'une entrevue téléphonique.

«Laisser le conflit se poursuivre va créer plus de sectarisme, plus d'extrémisme et plus de troubles dans la région, et le régime de Bachar el-Assad est prêt à tout pour se maintenir au pouvoir», a-t-il prévenu.

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