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Le CICR prêt à rechercher un Libanais chiite disparu en Syrie

17/08/2012 07:39 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est dit disposé, à la demande de la famille, à rechercher un Libanais chiite, dont la disparition en Syrie a conduit son clan à kidnapper au Liban une vingtaine de Syriens pour les utiliser comme monnaie d'échange.

"La famille de Hassan al-Mouqdad a demandé au CICR d'intervenir pour l'aider à retrouver leur fils et un premier contact a été établi jeudi", a déclaré vendredi à l'AFP la porte-parole de cette organisation Samar el-Kadi.

Selon elle, le chef de la délégation du CICR au Liban, Jurg Montagni, et son adjoint Daniel Breton, ont expliqué à la famille que l'organisation "ne peut pas être partie prenante dans des négociations pour la libération de prisonniers ou d'otages".

Mais, a-t-elle précisé, "si elle reçoit une demande de la famille d'un disparu dans une zone de conflit, elle peut essayer d'établir des contacts pour déterminer où il se trouve, donner à la famille de ses nouvelles, et le visiter si possible".

"S'il est libéré, elle peut intervenir en tant que partie neutre pour le recevoir et le rapatrier, mais en aucun cas mener une médiation ou des négociations", a-t-elle précisé.

Le clan chiite des Mouqdad a revendiqué mercredi le rapt d'une vingtaine de Syriens et d'un ressortissant turc à Beyrouth et dans la Bekaa en représailles à l'enlèvement deux jours plus tôt d'un membre de leur famille, revendiqué sur la chaîne Al-Arabiya par un groupe rebelle syrien qui l'accuse d'être un tireur embusqué à la solde du Hezbollah, parti chiite armé proche du régime de Damas.

Le Conseil militaire de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) a indiqué vendredi dans un communiqué qu'après enquête, "il ressort que le groupe ayant annoncé le rapt (de Hassan al-Mouqdad) est un groupe fictif qui n'existe pas au sein de l'ASL et qu'il s'agit d'une opération montée par le Hezbollah avec la participation du régime syrien".

Le porte-parole du clan chiite des Mouqdad, Maher, a rejeté le communiqué de l'ASL.

"Tout ce que nous savons, c'est ce qui a été diffusé sur Al-Arabiya. Au début ils (les rebelles) annoncent que ce sont eux qui l'ont enlevé puis ils changent d'avis. J'ai bien peur qu'ils lui aient fait du mal", a-t-il dit.

La vague de rapts pratiqués en plein jour a replongé les Libanais dans le cauchemar de la guerre civile (1975-1990) où les enlèvements sur la base de la confession ou de la nationalité étaient monnaie courante par des miliciens armés qui agissaient en toute impunité face à des pouvoirs publics impuissants.

Au terme d'une visite de 24 heures à Beyrouth, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a exprimé sa crainte que ces enlèvements favorisent "la contagion" de la crise syrienne au pays du Cèdre.

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