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La presse sud-africaine condamne le "bain de sang" de la mine de Marikana

17/08/2012 04:14 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

La presse sud-africaine condamnait vendredi matin le "bain de sang" de jeudi à la mine de platine de Marikana, où la police a tiré sur des grévistes armés, faisant plus d'une trentaine de morts.

Sous le titre "bain de sang", le quotidien Sowetan publie en première page une photo de policiers marchant au milieu de corps allongés.

"C'est un pays anormal, dans lequel on promulgue des lois excellentes, et dont la Constitution est saluée comme la meilleure du monde. Tout est pour le mieux, et pourtant la vie humaine, particulièrement celle des Africains (noirs ndlr), continue à n'avoir aucune valeur", déplore le quotidien de Soweto.

Le massacre de Marikana, note l'éditorialiste, est une conséquence des tensions sociales qui minent le pays depuis longtemps. "Cela nous renvoie brutalement à la réalité d'une bombe à retardement dont l'heure est arrivé: elle a explosé!".

"Le champ de la mort", titre The Times, au dessus d'une mosaïque de photos montrant des grévistes armés de lances et des policiers pendant la fusillage.

"Les flics y sont allés pour tuer", renchérit en Une The Star, qui raconte la "bataille" vue par un mineur tué d'une balle dans la tête.

Business Day, qui titre "Des travailleurs meurent dans un bain de sang à Marikana", raconte comment "les Sud-Africains ont suivi avec horreur hier à la télé les développements de ce drame sanglant, avec des scènes rappelant les pires massacres de l'époque de l'apartheid".

L'hebdomadaire Mail&Guardian analyse pour sa part la tactique des grévistes dans les mines: "La violence est devenue un mode opératoire normal dans ce type de grève", note l'hebdomadaire, qui insiste sur le fait que les mineurs, qui gagnent des salaires de misère, considèrent que la violence est un moyen efficace d'obtenir gain de causes dans leurs négociations.

cpb/jlb

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