Le célèbre photographe de presse québécois Jacques Nadeau estime avoir parcouru 500 kilomètres à pied et croqué près de 40 000 clichés au cours du conflit étudiant le printemps dernier.

Le 23 août prochain, Jacques Nadeau publiera Carré rouge (Fides), un recueil de photos qui recense plus de 150 de ses meilleurs clichés. Les photos sont accompagnées de textes de plusieurs personnalités, de même que de citoyens ordinaires. L'ex-premier ministre Jacques Parizeau signe la préface.

«Je trouvais important de donner également la parole à des citoyens. Le conflit était un mouvement collectif, sans dirigeant précis à sa tête», rappelle Jacques Nadeau.

L'idée d'un recueil lui est venue tôt au cours de la grève étudiante. «Je sentais que le conflit allait être long, dit-il. C'était vraiment un événement historique, je ne me rappelle pas avoir vu 200 000 personnes dans les rues de Montréal auparavant.»

Celui qui a déjà publié ou collaboré à cinq recueils de photos souhaitait que ses clichés demeurent pour la postérité. «Dans les journaux ou sur Facebook, les photos tombent rapidement dans l'oubli», note-t-il.

Violence policière

Jacques Nadeau couvre le milieu politique depuis 33 ans, dont une vingtaine d'années pour le journal Le Devoir. Il était au Sommet des Amériques à Québec en 2001, qui a été le théâtre de durs affrontements. «Pourtant, le conflit que nous venons de vivre était encore plus violent», note le photographe.

Jacques Nadeau a été particulièrement frappé par la brutalité des affrontements à Victoriaville. «Il y avait énormément de gaz lacrymogènes, se souvient-il. Je crois que la SQ a épuisé ses réserves ce jour-là, c'était du jamais vu.»
Le photographe a d'ailleurs goûté personnellement à la brutalité des policiers. «J'ai été poivré une douzaine de fois», dit-il. Une de ses caméras, d'une valeur d'environ 10 000$, a également été brisée dans l'échauffourée.

En mai dernier, Jacques Nadeau a été renversé par le cheval d'un policier du SPVM lors d'une manifestation. Le photographe, qui se trouvait sur le trottoir, estime qu'il était directement visé. La caméra de Universitv.tv a capté la scène (voir la vidéo ci-bas vers 2:00).

Pour Jacques Nadeau, les autorités policières ont moins de respect que par le passé pour les représentants des médias. «Ils ne veulent pas qu'on soit là, c'est clair, dit le photographe. Ils disent qu'ils ne savent pas si nous sommes un média ou un citoyen, mais avec mes trois caméras au cou, je suis facilement identifiable.»

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  • Quelques images de la manifestation

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  • Camille Robert, porte-parole de la CLASSE