Ils ont créé plus de 90 comités citoyens pour mobiliser la population. Ils ont déposé des pétitions regroupant des dizaines de milliers de noms à l'Assemblée nationale. Ils ont manifesté à Montréal lors du Jour de la Terre, à Victoriaville lors du conseil général du Parti libéral, et à plusieurs autres occasions un peu partout dans la vallée du Saint-Laurent. Des dizaines d'artistes ont donné une visibilité à leur mouvement. Mais les opposants au développement de l'industrie du gaz de schiste ne feront pas de bruit pendant la campagne électorale, au moment de choisir leurs dirigeants.

« On s'entend sur le fait qu'il faut sortir les libéraux pour ne pas faire entrer les gazières, mais le regroupement a suspendu ses activités pour quelques semaines puisque les membres ne sont pas parvenus à s'entendre sur une stratégie électorale commune », explique Serge Fortier, porte-parole du Regroupement interrégional sur le gaz de schiste, qui chapeaute les comités citoyens. « Reste que je suis très déçu du peu de place que les politiciens accordent à cet enjeu après tout ce qui s'est fait depuis deux ans. C'est un enjeu beaucoup plus important pour la société que de savoir qui porte un carré rouge ou qui a une couette qui dépasse », soutient-il.

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A-t-on accordé assez de place à l'environnement jusqu'à présent dans cette campagne?

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Depuis mars 2011, aucune entreprise ne peut amorcer des travaux de fracturation hydraulique sans l'autorisation du Comité de l'évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur le gaz de schiste, mandaté par le ministère de l'Environnement pour se pencher sur l'impact de l'exploitation du gaz de schiste au Québec. Ainsi, les seules activités permises sont celles supervisées par les experts du comité afin d'approfondir les connaissances scientifiques, qui feront l'objet d'un rapport en 2013.

Mais malgré les initiatives du gouvernement Charest pour encadrer l'exploitation du gaz de schiste, de nombreux opposants sont inquiets du déroulement des procédures. Après avoir critiqué le mandat du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui s'est penché sur le développement durable de l'industrie du gaz de schiste au Québec et non sur la pertinence de cette industrie, c'est maintenant la composition du Comité de l'ÉES sur le gaz de schiste qui déplaît.

« Le comité de l'ÉES évolue dans un climat davantage axé sur la confrontation des opposants au gaz de schiste plutôt que sur la confrontation des promoteurs », soutient Lucie Sauvé, professeure à l'UQAM et responsable du Collectif scientifique sur le gaz de schiste, après avoir participé à une rencontre avec le Comité de l'ÉES.

L'inconnu qui dérange

À La Présentation, où une fuite sur le site de forage de la société Canbriam a fait les manchettes l'an dernier, les citoyens affirment avoir eu peu d'information sur l'état des lieux. Maryse Méthot, qui habite et tient une garderie devant le champ où est situé le site de forage, dit n'avoir jamais reçu la visite du ministère pour faire le point. Martin Beauregard, propriétaire d'une ferme à quelques centaines de mètres du puits, indique que des spécialistes mandatés par le ministère de l'Environnement sont passés pour faire des tests dans son puits d'eau, mais qu'il n'a pas eu de nouvelles depuis. Pas de nouvelle, bonne nouvelle? « Je suppose », dit-il, ajoutant qu'il n'entend pratiquement plus parler du gaz de schiste dans la municipalité où, d'ailleurs, les affiches contre les gaz de schiste se comptent sur les doigts d'une main.

De son côté, François Cloutier, propriétaire du champ où la gazière Canbriam a foré, explique ne pas en savoir beaucoup plus que les autres. « La compagnie m'a dit que la fuite a été colmatée. Est-ce que c'est vrai? Je me fie à eux », dit-il. Après le battage médiatique de l'an dernier, l'éleveur de volailles dit ne pas s'inquiéter des risques liés à l'exploitation du gaz de schiste, mais qu'il n'accepterait pas un puits sur sa terre aux mêmes conditions. « Quand les gazières sont venues, on avait l'impression que c'était la ruée vers l'or. Qu'il fallait sauter sur l'occasion », explique-t-il. « Quand le contrat se terminera, dans un an ou deux, je vais voir ce qu'il est possible de faire. Je ne dis pas qu'il ne faut pas exploiter le gaz de schiste. Si on veut continuer de mettre de l'essence dans nos camions, on ne peut pas toujours s'opposer aux projets économiques non plus. Mais il faut prendre le temps », soutient-il.

Si l'exploitation du gaz de schiste reçoit le feu vert pour reprendre ses activités, le Québec pourrait tirer profit des redevances (5 % à 35 %) et l'industrie pourrait créer des milliers d'emplois.

Entre ceux qui demandent un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste et ceux qui mettent l'accent sur l'importance du développement économique, il semble donc y avoir un consensus sur la volonté d'en savoir davantage. « On a été embarqués dans de façon cavalière et on apprend ce qui se passe dans les médias », déplore Claude Roger, maire de La Présentation où, comme dans d'autres municipalités, il a fallu se pencher sur la possibilité de traiter les eaux utilisées par la gazière sans trop savoir ce que ça impliquait.

Même si l'information n'est pas aussi accessible que certains le souhaitent, le ministère de l'Environnement a néanmoins effectué 16 inspections sur le site de La Présentation (sur un total de 238 dans la trentaine de sites au Québec) pour vérifier la présence de gaz naturel dans l'air, indique Daniel Leblanc, directeur adjoint du ministère pour la Montérégie. De plus, le ministère fera au cours des prochaines semaines une première inspection - grâce à de nouveaux équipements - pour vérifier s'il y a migration de gaz dans le sol.

Quant aux enjeux plus généraux sur l'industrie des gaz de schiste, les citoyens pourront en savoir davantage lors de la publication du rapport du Comité de l'évaluation environnementale stratégique.

Des enjeux trop complexes pour la campagne?

Mardi dernier, les principaux organismes environnementaux présents au Québec ont déploré le peu d'espace que l'environnement occupe dans la campagne électorale. « Les enjeux environnementaux sont par nature complexes et demandent une certaine dose de pédagogie, ce qui décourage les partis politiques d'en parler », estime Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

Engagements des partis

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et Option nationale promettent un moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste, tandis que le Parti libéral du Québec soutient que les mesures en place, qui correspondent à un moratoire technique, permettront d'évaluer s'il est pertinent d'exploiter le gaz de schiste au Québec.

Québec solidaire et Option nationale souhaitent par ailleurs la nationalisation des ressources naturelles, ce qui se traduirait donc pas un contrôle de l'État sur l'exploitation du gaz de schiste.



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  • Jean Charest - Parti libéral du Québec

    Né à Sherbrooke le 24 juin 1958 Marié, père de trois enfants Formation en droit. Admis au Barreau du Québec en 1981. Avant d'entrer en politique: pratique le droit à Sherbrooke Entrée en politique: en 1984, candidat pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans Sherbrooke. Élu député fédéral lors des élections générales à l'âge de 26 ans. <strong>Carrière politique: </strong> Au fédéral, il est nommé ministre d'État à la Jeunesse en 1986 à l'âge de 28 ans. Devient le plus jeune membre d'un cabinet fédéral. Il est ensuite ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, leader adjoint du gouvernement, président du Comité parlementaire spécial pour le projet de résolution d'accompagnement à l'Accord du lac Meech, ministre de l'Environnement, ministre de l'Industrie et des Sciences, vice-premier ministre, candidat au leadership du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1993, chef du Parti progressiste-conservateur, vice-président du Comité national des Québécois pour le Non pendant la campagne référendaire au Québec en 1995. Au plan provincial: il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998 et chef de l'opposition officielle en décembre de la même année, il est assermenté comme premier ministre du Québec le 29 avril 2003, de nouveau le 18 avril 2007 et le 18 décembre 2008.

  • Pauline Marois - Parti québécois

    Née à Québec le 29 mars 1949 Mariée et mère de quatre enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social, Université Laval et maîtrise en administration des affaires (MBA) aux HEC, Université de Montréal Avant d'entrer en politique: consultante budgétaire, responsable du service animation, coordonnatrice du cours en assistance sociale, directrice générale d'un CLSC, attachée de presse, consultante, directrice de cabinet, professeur à l'Université du Québec à Hull <strong>Carrière politique</strong>: députée de La Peltrie de 1981 à 1985, puis députée de Taillon de 1989 à 2006, puis députée de Charlevoix depuis 2007. Elle a été ministre d'État à la Condition féminine, de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, présidente du Conseil du trésor, ministre des Finances et ministre du Revenu, ministre responsable de la Famille, ministre de l'Éducation, ministre de la Famille et de l'Enfance, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Économie et aux Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, vice-première ministre.

  • François Legault - Coalition avenir Québec

    Né à Sainte-Anne-de-Bellevue le 26 mai 1957 Marié, père de deux enfants <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires (comptabilité publique), MBA en finances des HECAvant la politique: directeur du marketing chez Québécair, cofondateur d'Air Transat en 1986, en devient le pdg jusqu'en 1997. Administrateur de sociétés comme Provigo, Culinar, Sico. Fellow de l'Ordre des comptables agréés du Québec. <strong>En politique</strong>: élu député péquiste de Rousseau en novembre 1998. Réélu en 2003, 2007 et 2008. Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, ministre d'État à l'Éducation et aux Jeunes, ministre de l'Éducation, ministre d'État à l'Éducation et l'Emploi, ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux. En 2011, il fonde un nouveau parti, la Coalition avenir Québec.

  • Françoise David - Québec solidaire

    Née à Montréal en 1948 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en service social (organisation communautaire) de l'Université de MontréalAvant la politique: travaille en service social dans le quartier centre-sud de Montréal, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Elle organise notamment la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» et la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence en 2000. <strong>En politique</strong>: porte-parole du mouvement Option citoyenne, puis porte-parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006. Candidate pour Québec solidaire en 2007 et 2008 dans Gouin où elle termine deuxième.

  • Amir Khadir - Québec solidaire

    Né le 12 juin 1961 à Téhéran, en Iran. Immigre au Québec à l'âge de 10 ans. Marié et père de trois filles. <strong>Formation</strong>: baccalauréat en physique Université de Montréal, maîtrise en physique Université McGill, doctorat en médecine Université Laval, spécialité en microbiologie-infectiologie Université de MontréalCarrière avant la politique: médecin microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier Pierre-Le-Gardeur à Lachenaie. A fait partie de la Coalition des médecins pour la justice sociale, a fait des missions pour Médecins du monde en Irak, en Afghanistan et en Palestine. A présidé le conseil d'administration du SUCO. <strong>Carrière politique</strong>: candidat du Bloc québécois dans Outremont en 2000, candidat de l'Union des forces progressistes dans Mercier en 2003, premier député élu de Québec solidaire dans Mercier en 2008

  • Jean-Martin Aussant - Option nationale

    Né à Sorel-Tracy le 1er juin 1970 <strong>Formation</strong>: baccalauréat en administration des affaires et études en actuariat, Université Laval; maîtrise en sciences économiques, Université de Montréal; études au doctorat en analyse économique, Université Autonoma de Barcelone, Espagne. Avant d'entrer en politique: agent de recherche au CIRANO, vice-président Morgan Stanley Capital International, gestionnaire de portefeuille principal, Investissements PSP. <strong>Carrière politique</strong>: élu député de Nicolet-Yamaska aux élections générales du 8 décembre 2008 sous la bannière du Parti québécois. Porte-parole de l'opposition officielle pour les dossiers de développement économique, institutions financières, commerce international. Il quitte le Parti québécois en juin 2011, siège comme indépendant, puis annonce la création d'Option nationale.

  • Répartition des 125 sièges à la dissolution de l'Assemblée nationale

    Parti libéral du Québec (forme le gouvernement): 64 députés Parti québécois (forme l'opposition officielle): 47 députés Coalition avenir Québec: 9 députés Option nationale: 1 député Québec solidaire: 1 député Indépendants: 2 députés Circonscriptions vacantes: 1 (Bourassa-Sauvé) <strong>Résultats du scrutin du 8 décembre 2008</strong> Parti libéral du Québec: 1 366 046 votes (42,08 %) Parti québécois: 1 141 751 votes (35,17 %) Action démocratique/Équipe Mario Dumont: 531 358 votes (16,37 %) Québec solidaire: 122 618 votes (3,78 %) Taux de participation: 57,43 % ou 3 295 914 votes Bulletins valides: 3 246 333 ou 98,5 %



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  • Pauline Marois et sa candidate Djemila Benhabib, victime de racisme de la part du maire de Saguenay Jean Tremblay

  • Jean Charest présente des engagements envers les jeunes

  • Jean Charest à la rencontre de futurs électeurs

  • Jean Charest pendant le congrès des Jeunes libéraux

  • Pauline Marois prend une petite fille dans ses bras

  • Pauline Marois a fait allusion au poids du candidat caquiste Gaétan Barrette

  • François Legault prononce un discours

  • François Legault visite une entreprise de tomates biologiques

  • Jean Charest présente ses engagements pour les enfants fréquentant l'école primaire

  • Jean Charest visite un établissement industriel

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  • François Legault répond aux questions des journalistes

  • Pauline Marois, bébé dans les bras

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  • Manon Massé, la députée de Québec solidaire qui fait bien jaser

  • Jacques Duchesneau est présenté comme nouveau candidat

  • Legault tout sourire: Jacques Duchesneau serait candidat pour la CAQ.

  • Gaétan Bolduc... heu, Barrette.

  • Jean Charest et son candidat Alain Paquet

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  • Jean Charest à Saint-Hyacinthe

  • Pauline Marois prononce un discours

  • Pauline Marois se rend au marché Atwater

  • ...et prend le métro avec Léo.

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