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Espagne - Real Madrid: "Mou" peut-il le refaire?

17/08/2012 05:43 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

Alors que l'entraîneur du Real Madrid José Mourinho s'apprête à entamer l'an III de son règne à la Maison Blanche, il est tentant de se demander si le Portugais peut à nouveau faire plier le Barça comme il était parvenu à le faire la saison dernière.

Alors que le Championnat d'Espagne reprend samedi, les signaux qui émanent du club merengue sont en tout cas positifs.

Il y a d'abord la dynamique sur laquelle "Mou" peut s'appuyer pour continuer à rester au sommet avec son Real. Après tout, on ne dirige pas tous les jours une équipe capable d'incrire 121 buts et d'atteindre les 100 points en une saison, autant de records absolus pour la Liga.

Le sacre des Blancs, assorti de ces chiffres hallucinants, a évidemment transmis aux coéquipiers de Ronaldo un surplus de confiance qu'ils pourront réutiliser pour la suite de leurs aventures.

De tous les secteurs, c'est d'ailleurs dans le domaine psychologique que Mou a le plus laissé sa patte la saison dernière.

"Mourinho a été un tournant pour le Real. C'est une personne engagée, qui a profondément marqué l'équipe, qui a su nous débarrasser de ces peurs que nous avions au cours des saisons passées et durant lesquelles nous ne gagnions rien", a ainsi témoigné récemment le capitaine, Casillas.

Comme s'il prêchait par l'exemple, Mou s'est d'ailleurs appliqué à lui-même son précepte selon lequel il ne faut craindre personne.

Ainsi, quand la terrible "manita" (5-0) infligée par le Barça à son meilleur ennemi en novembre 2010 l'avait amené à adopter une attitude frileuse lors de sa première saison chez les Merengue, le Portugais a su évoluer et prendre des risques lors de son deuxième exercice.

Une partie de son succès cette saison face à un Barça renforcé en défense par l'arrivée de l'homme à tout faire Jordi Alba dépendra sans doute de sa volonté de persévérer dans cette même ligne.

Autre atout que "The Special One" a dans sa manche pour parvenir à faire coup double cette saison: la position extrêmement confortable qu'il occupe au sein de l'organigramme du club. Entraîneur, manager général: rien ne se passe chez les Blancs sans le bon vouloir du Portugais.

Quant aux contrevenants, ils sont débarqués sans autre forme de procès. Lors de sa première année, Mourinho avait ainsi obtenu la tête de l'ancien directeur sportif Jorge Valdano, dont il jugeait qu'il lui faisait trop d'ombre. Et bien que "Mou" le nie énergiquement, la proximité de Zidane avec l'équipe première la saison dernière ne semblait pas non plus à son goût.

Le récent changement de statut de l'ancien meneur de jeu du Real, passé de directeur sportif à mentor de la réserve, ne ressemble en tout cas pas franchement à une promotion.

Investi des pleins pouvoirs, Mourinho a donc tout loisir pour fixer le cap au paquebot blanc, tant en matière de recrutement que d'idées de jeu. Or, si cette position de force peut s'avérer salutaire, elle peut aussi devenir franchement destructrice, comme en début de saison dernière, lorsque sa politique du "Après moi le déluge" avait provoqué une fronde d'une partie des joueurs, emmenés par Sergio Ramos.

Enfin, un dernier obstacle pourrait s'interposer sur la route de Mourinho vers un deuxième titre d'affilée en Liga: son obsession de conquête de la "Decima", la dixième Coupe d'Europe dans l'histoire du club merengue.

Contrarié par son échec l'année dernière en demi-finale de la Ligue des champions face au Bayern (aux tirs au but), le Portugais rêve en effet de ramener la Coupe aux grandes oreilles à Madrid. D'où une éventuelle tentation, bien qu'il s'en défende, de privilégier cette saison la C1 au détriment des autres compétitions. Alors, et alors seulement, "The Special One" deviendrait vraiment "The Only One"...

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