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En dépit des succès de son frère Louis-Philippe, Jean-François n'est pas jaloux

17/08/2012 02:59 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - À 33 ans, la carrière de pilote de Louis-Philippe Dumoulin semble enfin sur le point d'éclore en stock-car. On pourrait croire que ses succès puissent semer la pagaille entre lui et son frère aîné Jean-François, qui a plutôt été relégué dans l'ombre ces dernières années.

Or, il n'en est rien. Ou presque.

Après tout, la carrière de Jean-François est un peu moins flamboyante qu'elle l'était à son heure de gloire en 2009, lorsqu'il a surpris tout le monde en terminant septième du NAPA 200. Un souvenir qu'il chérit, mais qui semble de moins en moins réalisable.

«J'ai parlé à quelques équipes en Nationwide, mais la majorité d'entre elles demandent de l'argent pour courir, a-t-il expliqué. C'est toujours ça le problème, et je n'ai pas de commanditaires capables de m'offrir le montant d'argent que les écuries de Nationwide veulent. Tant qu'à courir pour une écurie à petit budget, j'aime autant le faire comme il le faut.»

Une flèche dirigée à l'endroit de Louis-Philippe, qui devra vraisemblablement adopter samedi la stratégie du 'start and park', qui consiste à immobiliser son bolide dès les premiers tours afin de sauver des coûts et de toucher la prime pour la modeste écurie Randy Hill Racing.

«Je suis content d'être ici en Nationwide à Montréal, d'aller encore chercher de l'expérience dans ce type de série-là. C'est une très bonne équipe quand même, c'est juste que leur budget est très restreint», s'est défendu Louis-Philippe.

Il en a d'ailleurs profité pour préciser que son équipe avait joué de malchance la semaine dernière à Watkins Glen. L'une des voitures a eu des problèmes de freins, tandis que l'autre a été impliquée dans un accident.

«Ç'a tout chamboulé leurs plans pour le week-end et, en conséquence, je serai obligé de prendre la voiture qu'ils utilisent pour les circuits ovales, a-t-il mentionné. On est quand même passablement vites, mais c'est certain qu'on ne peut pas viser un top-10. Je vais plutôt me concentrer sur ma course en Canadian Tire.»

Et il a bien raison de le faire, puisque le Trifluvien occupe présentement le cinquième rang du classement des pilotes avec 285 points. C'est loin des 75 de son frère, qui occupe le 31e échelon du classement.

Ses excellentes prestations permettent d'ailleurs de faire circuler de plus en plus son nom dans les paddocks. Une situation qu'il avoue ne pas détester.

«Oui, j'ai plus d'exposition (que mon frère en ce moment), et j'essaie d'en profiter pour garder le momentum, a-t-il admis. Mais on a beaucoup de respect l'un pour l'autre, et on veut toujours le mieux l'un pour l'autre.»

Des propos qui trouvent écho chez Jean-François, qui jure ne pas être jaloux de son frère cadet.

«Non, je suis content pour Louis-Philippe, a-t-il confié. Mais je suis un compétiteur et c'est certain que je veux connaître du succès et gagner moi aussi. D'un autre côté, il y a plein d'autres pilotes avec lesquels je peux me bagarrer, et c'est certain que l'idéal ça serait qu'on soit tous les deux sur le podium ce week-end en Canadian Tire.»

Un retour en Grand-Am?

Loin de se laisser abattre par les obstacles qui se dressent sur sa route, Jean-François, qui est âgé de 36 ans, a encore la tête pleine de projets en course automobile.

Bien qu'il ne participe pas aux épreuves de la série Grand-Am Rolex ce week-end, il a confié vendredi qu'il étudiait sérieusement la possibilité d'y effectuer un retour. Après tout, il fut le premier pilote québécois à remporter les 24 heures de Daytona.

«Je l'ai même gagné deux fois, précise-t-il. Mais les opportunités n'étaient plus là. Toutefois, j'essaie présentement d'y retourner. On va voir où ça va déboucher, mais pour l'instant je vise l'année prochaine.»

En attendant, Jean-François devra ronger son frein et se contenter de se frotter à son frère en série Canadian Tire. En ce sens, il a promis de fourbir ses armes en prévision de l'épreuve de samedi matin.

«Je souhaite non seulement battre Louis-Philippe en Canadian Tire, mais battre tout le monde, a lancé Jean-François. Et puis, je suis confiant de revenir bientôt (sous les feux de la rampe). Je n'irai pas voir L.-P. faire les qualifications en Nationwide, je vais plutôt m'occuper de mes affaires dans le garage, ici.»

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