NOUVELLES

Chine: la femme du politicien déchu Bo Xilai connaîtra son verdict lundi

17/08/2012 12:41 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Un tribunal chinois devrait rendre son verdict lundi dans le procès pour meurtre de Gu Kailai, la femme du politicien Bo Xilai, ex-étoile montante du Parti communiste tombée en disgrâce, a déclaré vendredi l'avocat du complice présumé de l'accusée.

Gu Kailai est accusée d'avoir tué l'homme d'affaires britannique Neil Heywood pour des questions d'argent et parce qu'il menaçait la sécurité de son fils, Bo Guagua, 24 ans, étudiant à Harvard. Les médias officiels affirment que l'accusée a avoué le meurtre.

Le procès de Gu Kailai et de son employé et présumé complice, Zhang Xiaojun, s'est déroulé la semaine dernière dans la ville de Hefei, dans l'est de la Chine, et le verdict est attendu lundi, a déclaré l'avocat Li Xiaolin, joint à Pékin.

L'arrestation de Gu Kailai et le limogeage de son mari Bo Xilai, ex-responsable du Parti communiste pour la mégapole de Chongqing jusqu'en mars, ont provoqué les plus fortes turbulences politiques qu'ait connues la Chine depuis la répression sanglante des manifestations de place Tiananmen, en 1989.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a décrit Gu Kailai comme une femme dépressive, qui prenait des médicaments et qui a planifié l'assassinat. Elle aurait attiré Neil Heywood dans un hôtel de Chongqing, lui aurait fait boire de l'alcool puis lui aurait versé du cyanure dans la bouche. Chine nouvelle précise qu'elle et son complice ont «avoué le meurtre».

Le gouvernement s'est efforcé de présenter l'affaire comme un dossier purement criminel, sans aspect politique, mais les déclarations officielles ne dissimulent pas les zones d'ombre du dossier.

Des experts en droit et en politique estiment que des questions essentielles demeurent, dont celle de savoir si, et à quel point, Bo Xilai est impliqué dans le crime imputé à sa femme, dans une ville qu'il tenait d'une main de fer et où il s'était fait le champion de la lutte contre la mafia et la corruption. Son nom est étonnamment absent de la procédure.

L'affaire a éclaté en février, quand l'ancien chef de la police de Chongqing, Wang Lijun, s'est réfugié au consulat des États-Unis en affirmant aux diplomates américains qu'il soupçonnait que Heywood avait été assassiné et que la famille de Bo Xilai était impliquée.

Le procès, expédié en sept heures, est apparu comme une tentative d'étouffer le scandale avant le renouvellement de la direction du Parti communiste cet automne. Avant sa chute, Bo Xilai avait des chances d'entrer au tout-puissant Bureau politique du parti.

PLUS:pc