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Charest et Legault présentent leur cadre financier; Marois préfère attendre

17/08/2012 11:59 EDT | Actualisé 17/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Les chefs ont sorti leur calculatrice, vendredi, pour montrer leur sérieux, sauf la péquiste Pauline Marois qui refusait de se prêter à ce jeu, mais qui a dû finalement estimer le coût de ses promesses.

Avant la pause qui précède le débat de dimanche soir, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont tous les deux présenté leur cadre financier, affirmant détenir la recette du contrôle des dépenses et de l'équilibre budgétaire.

Le chef libéral Jean Charest a joué à fond la carte de la rigueur dans l'espoir de donner un second souffle à sa campagne. La rigueur en période d'incertitude économique avait fait recette pour son parti lors de la campagne de 2008.

«L'Europe est en crise, elle va connaître des records de chômage, l'économie américaine ne décolle pas, les économies émergentes sont au ralenti. La menace est réelle, elle n'est pas inventée, elle n'est pas exagérée», a-t-il dit.

Basé sur les prévisions budgétaires de 2012-2013, le cadre financier présenté par le PLQ prévoit des dépenses additionnelles de 245 millions $ en moyenne par année. Après cinq ans, la facture atteindrait 3,7 milliards $.

Reportés au pouvoir, les libéraux garderaient le cap sur le retour à l'équilibre budgétaire en 2013-2014. Mais pour y arriver, le gouvernement libéral imposerait, l'année suivante, de nouvelles compressions aux ministères, organismes et sociétés d'État.

Le budget d'un gouvernement de la CAQ serait autrement plus ambitieux, a promis son chef François Legault, qui prévoit un retour au déficit zéro dès sa première année de règne. C'est un budget centré sur l'éducation et la santé, financé par le «grand ménage» que M. Legault entend faire.

Ciblé par ses adversaires qui l'accusent depuis plusieurs jours d'être irresponsable en faisant des promesses coûteuses, il a chiffré ses engagements électoraux à 1,8 milliard $. Il faut toutefois ajouter à cette somme le coût des réductions d'impôts consenties aux familles de classe moyenne qui coûteront 1,8 milliard $, portant le coût à 3,6 milliards $.

Pour financer ses promesses égrenées depuis le début de la campagne, M. Legault entend couper dans ce qu'il qualifie de «gaspillage», notamment chez Hydro-Québec, ainsi que le coût des achats en santé et en éducation.

«On garantit aux Québécois que c'est ce qui va être réalisé», a-t-il assuré. En réplique, les libéraux ont plutôt brandi l'épouvantail de la CAQ, en chiffrant le coût des promesses de M. Legault à 12 milliards $ en cinq ans.

De son côté, la chef péquiste Pauline Marois a refusé de se livrer à ce petit jeu de «qui compte gagne». Elle tient à révéler son cadre financier juste après les débats qui auront lieu de dimanche à mercredi soir. Toutefois, poussée dans ses derniers retranchements, elle a fini par se commettre.

«Le cadre financier, qu'il vienne aujourd'hui, qu'il vienne demain matin, qu'il vienne dans 10 jours, il s'inspirera de cet engagement, il respectera cet engagement et il tournera autour du milliard de dollars», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Pour compenser ces dépenses supplémentaires, les péquistes misent sur les revenus provenant d'une hausse des redevances minières et de la croissance économique.

Par ailleurs, le PQ a trouvé un appui inespéré en l'ancien ministre libéral de la Justice, Marc Bellemare, qui a brièvement eu l'intention de se présenter dans la circonscription de Sherbrooke, pour continuer de régler ses comptes avec Jean Charest.

Me Bellemare a plutôt choisi de donner son appui au candidat péquiste Serge Cardin.

Enfin, la demande d'injonction déposée par Option nationale a été déboutée en Cour supérieure. Le chef Jean-Martin Aussant n'a pas réussi à faire en sorte d'imposer sa participation aux débats télévisés présentés à Radio-Canada, Télé-Québec et TVA.

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