NOUVELLES

WikiLeaks/Assange: Washington dément toute pression sur Londres

16/08/2012 01:40 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont assuré jeudi n'avoir aucunement l'intention de "persécuter" le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, embourbé dans un casse-tête juridique entre le Royaume-Uni et l'Equateur, et démenti toute pression sur Londres pour l'appréhender.

La porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a refusé devant les journalistes de commenter la décision de l'Equateur d'accorder l'asile politique à Assange, mais a fermement rejeté les accusations selon lesquelles le militant aurait besoin de se protéger contre les Etats-Unis, où il est accusé d'avoir divulgué sur son site internet 260.000 télégrammes diplomatiques américains.

"Je rejette pleinement les accusations selon lesquelles les Etats-Unis ont l'intention de le persécuter", a insisté Mme Nuland.

Interrogée sur d'éventuelles pressions américaines sur le Royaume-Uni afin que Julien Assange, réfugié depuis deux mois à l'ambassade d'Equateur à Londres, soit extradé vers la Suède pour y répondre d'allégations de viol, la porte-parole a estimé qu'elle ne disposait "d'aucune information permettant d'indiquer que ce soit le cas".

Le fondateur australien de WikiLeaks, âgé de 41 ans, est visé par un mandat d'arrêt de la Suède afin qu'il réponde aux accusations de viol et d'agression sexuelle contre deux Suédoises d'une trentaine d'années en août 2010.

Il s'efforce d'échapper à une extradition vers la Suède car dit redouter d'être ensuite transféré vers les Etats-Unis et d'y être condamné à une très lourde peine pour la divulgation par son site internet des télégrammes diplomatiques américains.

"Il s'agit d'une question qui regarde uniquement les pays concernés (par cette affaire) et nous n'avons pas l'intention de nous en mêler", a encore souligné Mme Nuland.

Assange est réfugié depuis le 19 juin à l'ambassade d'Equateur à Londres.

Jeudi, les autorités de Quito ont décidé de lui accorder l'asile politique.

Aux Etats-Unis, M. Assange "pourrait être jugé par des tribunaux spéciaux ou militaires et il n'est pas improbable qu'un traitement cruel et dégradant lui soit réservé et qu'il soit condamné à la peine capitale", a justifié le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño.

Mais pour le Foreign Office, la décision de Quito ne change "rien", Londres étant bien décidé à honorer son obligation d'extrader Assange vers la Suède en vertu des traités signés dans le cadre de la coopération judiciaire européenne.

Le soldat américain Bradley Manning est accusé d'avoir transmis au site internet, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan ainsi que 260.000 dépêches du département d'Etat.

L'organisation créée par Julian Assange les avait ensuite mis en ligne, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

sct/sam/jca

PLUS:afp