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Un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ, soutient, Jean Charest

16/08/2012 12:01 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - À mi-chemin de la campagne électorale, les contours du nouveau portrait politique du Québec commencent à apparaître, et le parti de Jean Charest semble avoir de la difficulté à y trouver une place de choix.

Le plus récent sondage CROP est venu confirmer la tendance à la baisse des intentions de vote des Québécois envers le Parti libéral du Québec (PLQ), au profit du Parti québécois (PQ) qui se maintient en première place, sans compter la Coalition avenir Québec (CAQ) qui gagne en importance dans le portrait de groupe.

En campagne à Montréal, jeudi, le chef libéral Jean Charest, voyant sans doute le tapis commencer à lui glisser sous les pieds, a exhorté les électeurs québécois à voter de façon stratégique le 4 septembre.

Il cherche à rallier derrière lui les électeurs caquistes et les indécis, de plus en plus nombreux si on se fie aux sondages, pour éviter que le Parti québécois prenne le pouvoir.

Il a mis en garde les électeurs contre le chant des sirènes caquistes. Un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ, selon ses calculs.

«Dans la campagne actuelle, appuyer la CAQ, c'est appuyer Pauline Marois. Voter pour la CAQ, c'est avoir le PQ. C'est une chose dont les Québécois devront tenir compte aussi», a dit M. Charest, au Palais des congrès, sous haute surveillance policière, alors qu'il annonçait des investissements de 500 millions $ pour la métropole.

Une fois de plus, il a aussi brandi la possibilité d'un référendum sur la souveraineté pour convaincre les électeurs de ne pas voter pour le PQ ou pour la CAQ.

La popularité croissante du chef de la CAQ, François Legault, semble inquiéter de plus en plus M. Charest, qui tire dans toutes les directions. Selon lui, il ne faut pas croire M. Legault quand il dit qu'il n'est plus souverainiste.

«C'est un souverainiste. C'était le souverainiste le plus pressé parmi les souverainistes», a-t-il dit, sur fond de nervosité palpable dans le camp libéral.

Même la communauté anglophone, historiquement acquise au PLQ, pourrait glisser dans le camp de la CAQ. «C'est préoccupant», a dit le député sortant et candidat libéral dans Verdun, Henri-François Gautrin, en constatant un certain «glissement» des anglophones dans le camp des indécis.

Le chef de la CAQ devient chaque jour plus populaire, mais les femmes lui résistent encore, semble-t-il.

En rougissant devant les journalistes, il a dit qu'il allait désormais chercher à savoir comment plaire davantage aux femmes, pour espérer remporter la victoire le 4 septembre.

Selon lui, et si on se fie aux résultats des sondages d'opinion, les électrices sont moins portées que les hommes à adhérer à ses propositions.

«Le changement amène toujours une période d'incertitude, donc ça inquiète certaines personnes, mais je pense qu'on est rendus à une étape où on n'a pas le choix de faire ces changements et c'est ce qu'on va expliquer aux femmes du Québec», a-t-il fait valoir.

En attendant, M. Legault était surtout occupé jeudi à séduire les agriculteurs, un électorat très majoritairement masculin.

Sur une ferme située à Saint-Boniface-de-Shawinigan, en Mauricie, M. Legault a promis de doter le Québec d'une première politique agricole. La CAQ propose aussi de modifier l'étiquetage des aliments, de manière à favoriser l'achat de produits du Québec. Il a chiffré le coût de ses engagements à 36 millions $.

Quant à elle, la chef péquiste Pauline Marois a rappelé son objectif consistant à atteindre l'indépendance énergétique dans un proche avenir.

Pour ce faire, le Québec devra réduire sa consommation d'énergie fossile, en misant sur le développement de sources d'énergies renouvelables et en privilégiant les mesures d'efficacité énergétique, de même que le développement du transport vert.

En clair, cela pourrait signifier le démantèlement de la centrale nucléaire Gentilly-2, à Bécancour, la fin du projet de terminal méthanier Rabaska, près de Québec, et un moratoire sur le développement des gaz de schiste.

La chef péquiste a tenu à dire qu'elle se placerait à l'abri de tout conflit d'intérêts, si elle est portée au pouvoir. Ainsi, son mari, Claude Blanchet, qui est millionnaire, placerait ses actifs dans une fiducie sans droit de regard.

Au cours des dernières années, les libéraux ont régulièrement utilisé les actifs de M. Blanchet pour attaquer Mme Marois, sur le plan de l'éthique.

«Il a toujours été très rigoureux, mon conjoint, dans la gestion de ses affaires, de telle sorte qu'il ne nous mette jamais dans l'embarras», a-t-elle dit, en donnant l'assurance qu'aucune entreprise appartenant à son mari ne transigerait avec l'État, même si cet actif est dans la fiducie.

Forte de sondages qui laissent planer la possibilité que son parti forme le prochain gouvernement, Mme Marois a indiqué qu'un comité de transition avait été créé il y a quelques mois pour planifier l'éventuelle passation des pouvoirs.

Elle s'est bien défendue de faire preuve d'un excès de confiance: «Je ne peux absolument pas me permettre d'improviser et d'agir comme un amateur dans une question aussi sérieuse que celle-là», a-t-elle dit.

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