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Un sommet de la SADC dominé par les crises d'Afrique australe

16/08/2012 03:16 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Les dirigeants d'Afrique australe se réunissent ce week-end à Maputo avec au menu un nombre important de crises à régler dans la région, à Madagascar, au Zimbabwe, en République démocratique du Congo, et même un différend frontalier entre le Malawi et la Tanzanie.

Des représentants de la société civile ont essayé de se faire entendre en organisant une manifestation, mais les chefs d'Etat de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ne devraient en rien changer leurs habitudes lors de leur sommet annuel, vendredi et samedi: une réunion à huis clos suivie de la simple lecture d'un communiqué final.

Le Mozambique, qui succède à l'Angola à la tête de la SADC, a choisi pour thème du sommet "les corridors de développement" le long des voies de communication.

Les infrastructures seront à l'ordre du jour, avec sur la table un schéma régional de développement des infrastructures prévoyant 500 milliards de dollars d'investissements en quinze ans.

Surtout, les crises régionales devraient occuper les dirigeants des quinze pays de la SADC.

. La crise de Madagascar est la plus sensible.

La SADC avait donné jusqu'au 16 août à l'ancien président Marc Ravalomanana et à l'actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, pour qu'ils se mettent d'accord, faute de quoi elle exclurait le responsable du blocage du processus de réconciliation.

Mais la situation n'a pas évolué, M. Rajoelina s'opposant au retour de son rival qu'il a renversé lors d'une révolte populaire en 2009 et qui a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l'ont emporté.

. Au Zimbabwe, le processus patine. Alors que les partis se sont mis d'accord en juillet sur un projet de Constitution --préalable à l'organisation d'élections--, le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe.

"Espérons-le, la SADC restera ferme sur la position qu'il ne peut y avoir d'élections sous la Constitution actuelle", a relevé Jakkie Cilliers, directeur de l'Institut des études sur la sécurité de Pretoria.

. Les dirigeants de la région devront aussi se pencher sur la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où le mouvement rebelle M23 a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250.000 personnes à fuir les combats. Une "force neutre" pourrait y être envoyée.

Mais "je crois que nous savons que la SADC ne prendra pas position sur la RDC, qui est pourtant un Etat membre, et c'est une préoccupation majeure", a déploré M. Cilliers.

. Le sommet devrait également permettre à la nouvelle présidente du Malawi, Joyce Banda, de rencontrer son homologue tanzanien Jakaya Kikwete. Leurs deux pays se disputent les eaux du lac Malawi, où Lilongwe entend rechercher du gaz et du pétrole au grand dam de son voisin, en mettant en avant un traité remontant à 1890.

. Au chapitre politique, le sommet de Maputo pourrait également évoquer la situation au Swaziland, dernière monarchie absolue d'Afrique, et en Angola, où des élections sont organisées le 31 août.

. Enfin, le sommet devrait se pencher sur une éventuelle réactivation du Tribunal de la SADC, gelé depuis que le Zimbabwe a refusé de reconnaître ses décisions en 2009, après qu'il eut donné raison à des fermiers blancs expropriés par la réforme agraire de Robert Mugabe.

"L'avenir du Tribunal de la SADC est dans la balance. Sans lui, la région perdra un allié vital de ses citoyens, ses investisseurs et de son avenir", a lancé le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, craignant que les individus ne puissent plus le saisir.

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