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Tunisie: des salafistes empêchent un concert d'une troupe iranienne

16/08/2012 08:54 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Des militants salafistes ont empêché mercredi soir la tenue d'un concert d'une troupe iranienne lors d'un festival à Kairouan (160 km au sud de Tunis), jugeant que la confession chiite de ces Iraniens constituait une atteinte au sacré, ont rapporté des médias tunisiens jeudi.

Alors que la troupe iranienne "Mehrab" devait se produire sur la scène de ce Festival international de musique sacrée et soufie, "elle en a été empêchée par un groupe de protestataires apparentés au courant salafiste", a rapporté la radio privée Shems FM qui avait dépêché un journaliste sur place.

"Un des protestataires a expliqué qu'une pétition circulait sur internet depuis quelques jours, demandant à ce que la troupe iranienne ne se produise pas, car son spectacle constitue une atteinte au sacré, d'un point de vue sunnite", selon cette radio.

Le porte-parole du ministère de la Culture, Samir Messaoudi, contacté par l'AFP, a expliqué que des salafistes avaient empêché le groupe iranien de monter sur scène mais que les autorités étaient intervenues pour les faire partir.

Après cet incident, le groupe iranien a refusé de donner son concert "en disant ne pas être psychologiquement prêt à chanter", a assuré M. Messaoudi.

Mardi soir, des salafistes avaient déjà empêché la tenue d'un spectacle d'un célèbre humoriste dans le nord de la Tunisie, le jugeant contraire à l'islam.

En juin, les salafistes avaient attaqué une exposition d'art dans la banlieue de Tunis, estimant qu'elle insultait l'islam, ce qui avait provoqué des violences dans plusieurs régions et l'instauration d'un couvre-feu.

Le parti islamiste Ennahda, qui dirige la coalition au pouvoir, a condamné cette attaque mais l'opposition estime qu'il manque de fermeté à l'égard des militants sunnites ultraradicaux.

Des ONG et des opposants dénoncent aussi un projet de loi élaboré par Ennahda qui prévoit des peines de prison ferme pour "les atteintes au sacré".

En juin, deux jeunes Tunisiens avaient déjà été condamnés à de lourdes peines de prison pour trouble à l'ordre public et atteinte à la morale après avoir publié sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet, dont toute représentation imagée est interdite par l'islam.

alf/sb

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