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Réunions de crise au Liban après une vague d'enlèvements de Syriens

16/08/2012 08:01 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Le président libanais a tenu jeudi des réunions de crise avec des ministres et chefs de la Sécurité, à la suite d'une vague d'enlèvements de ressortissants syriens par des hommes armés chiites faisant craindre que la crise en Syrie ne fasse tâche d'huile au Liban.

Au plus fort des enlèvements, plusieurs monarchies pétrolières du Golfe ont demandé mercredi à leurs ressortissants de quitter "immédiatement" le Liban, qui n'a pas connu une telle campagne de rapts depuis les années 1980, en pleine guerre civile.

Un clan chiite, les Al-Mouqdad, a revendiqué mercredi le rapt de 33 Syriens et d'un ressortissant turc en riposte à l'enlèvement cette semaine d'un membre du clan par un groupe rebelle syrien qui l'accuse d'être un tireur embusqué à la solde du Hezbollah, puissant parti chiite armé proche du régime de Damas.

En outre, des commerces appartenant à des Syriens au Liban ont été vandalisés et des ouvriers chassés de leur travail par des chiites armés affirmant agir pour obtenir la libération de proches enlevés en Syrie.

"J'ai rencontré les chefs des services de sécurité et les ministres concernés pour discuter de la question des enlèvements des deux côtés", a déclaré le président Michel Sleimane.

"Nous espérons résoudre (cette question) de manière diplomatique", a-t-il indiqué. "Si Dieu veut, les Libanais en Syrie seront relâchés ainsi que les Syriens enlevés au Liban".

"Les (syriens) enlevés ne seront libérés qu'après la libération de Hassan al-Mouqdad", a averti jeudi Maher al-Mouqdad, porte-parole de la famille, dans une déclaration à l'AFP. "L'escalade va continuer", a-t-il prévenu.

Jeudi, quatre hommes armés ont enlevé un ressortissant syrien, Houssam Yehya Khachroum, près de la ville de Chtaura (est), après avoir tiré sur sa voiture, a indiqué à l'AFP un responsable des services de sécurité.

Le conflit en Syrie divise profondément le Liban voisin, pays à l'équilibre confessionnel très fragile, notamment entre des chiites qui expriment leur sympathie pour le régime alaouite - une émanation du chiisme - et des sunnites qui penchent vers les insurgés.

Le Liban a accueilli près de 38.000 réfugiés depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011.

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