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Mine de Marikana: plusieurs mineurs touchés lors d'un assaut de la police sud-africaine

16/08/2012 01:27 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs mineurs grévistes ont été blessés et peut-être tués jeudi lors d'un violent affrontement avec la police à la mine de platine à Marikana en Afrique du Sud, où des violences liées à un conflit social avaient déjà fait 10 morts depuis dimanche.

Aucune source fiable n'avait pu confirmer en début de soirée que des mineurs avaient été tués, mais plusieurs témoignages faisaient état de corps gisant au sol et saignant abondamment.

Officiellement, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

L'agence de presse sud-africaine Sapa a dénombré 18 corps allongés, sans préciser s'ils étaient morts ou blessés.

Juste après l'échange de tirs, un photographe de l'AFP a compté cinq corps, de même qu'un reporter de la télévision privée eNews. "Ils avaient l'air mort, du sang coulait de leur visage et de leur corps", a dit à l'antenne ce reporter.

Le porte-parole de la police Lindela Mashego, sollicité par l'AFP, s'est refusé à confirmer ou infirmer: "On ne peut rien dire avant de savoir précisément sur place ce qui s'est passé".

La police devait donner une conférence de presse dans la soirée.

Au moins une personne a été admise à l'hôpital avec une blessure par balle, a indiqué un médecin à l'AFP. Plusieurs autres étaient transportées sur des civières vers des ambulances.

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine, exploitée par Lonmin. Les grévistes réclamaient d'importantes augmentations de salaire.

Dans la journée, la direction de la mine leur a intimé l'ordre de reprendre le travail vendredi, menaçant de licencier les récalcitrants.

Face au refus des mineurs de se disperser, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Selon plusieurs témoignages, des mineurs ont répliqué avec des armes à feu.

Gillian Findlay, la porte-parole de Lonmin, l'entreprise qui extrait le platine de Marikana, s'est refusée à tout commentaire à chaud. "C'est vraiment une opération de police, c'est donc plutôt à eux de commenter leur opération", a-t-elle dit.

Ces incidents surviennent après des violences qui ont fait dix morts depuis dimanche.

Les violences avaient commencé vendredi 10 août, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel qui est d'environ 4.000 rands par mois (400 euros).

Des affrontements ont alors éclaté entre des partisans du grand syndicat des mines NUM et ceux de l'AMCU, née d'une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

"Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide", avait déclaré l'un d'eux mercredi, Thuso Masakeng, "les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère".

Les mineurs vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante.

Lonmin affirme que la grève a déjà coûté six jours de production à Marikana, soit 300.000 tonnes de minerai. L'entreprise estime désormais improbable d'atteindre son objectif annuel de production de 750.000 onces de platine.

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