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Marikana: la police tente de disperser les mineurs grévistes par la force

16/08/2012 10:48 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

La police sud-africaine a tiré jeudi des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour tenter de disperser les mineurs en grève de la mine de platine de Marikana (nord-ouest), a constaté un photographe de l'AFP.

Après les tirs, plusieurs mineurs étaient allongés sur le sol, l'un d'entre eux au moins saignant abondamment, pouvait-on constater de loin. A la suite des violences qui ont fait dix morts depuis dimanche, des négociations étaient en cours entre autorités et grévistes, avant que la police n'intervienne.

La chaîne d'information continue eNews montrait des images de policiers, équipés de gilets pare-balles et fusil pointé, avançant en rang serré vers les grévistes, puis reculant sur fond sonore de crépitement d'armes.

Alors que eNews évoquait la possibilité de plusieurs morts, le porte-parole de la police Lindela Mashego s'est refusé à confirmer ou infirmer: "On ne peut rien dire avant de savoir précisément sur place ce qui s'est passé", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le porte-parole du syndicat des mineurs Lesiba Seshoka a déclaré à eNews que le président de l'AMCU, le petit syndicat qui avait appelé à la grève, avait tenté de persuader les mineurs de reprendre le travail, en vain.

"Il lui ont dit qu'ils étaient prêts à mourir (...) qu'ils n'avaient pas l'intention de bouger, qu'ils allaient appeler leurs enfants à les rejoindre" sur la colline où ils étaient regroupés depuis lundi.

Des incidents avaient commencé vendredi 10 août à la mine, exploitée par Lonmin, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel.

Des affrontements ont alors éclaté entre partisans de la NUM et ceux de l'AMCU, née d'une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine. Des négociations entamées la veille avec les forces de l'ordre et les responsables de la mine n'avaient rien donné.

Les mineurs, qui vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante, touchent environ 4.000 rands par mois (400 euros). Ils demandaient de très importantes augmentations de salaire, jusqu'à 1250 euros par mois.

"Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide", avait déclaré l'un d'eux mercredi, Thuso Masakeng, "les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère".

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