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Marikana: plusieurs mineurs touchés lors d'un assaut de la police sud-africaine

16/08/2012 11:53 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs mineurs gisaient au sol jeudi à la mine de Marikana (nord-ouest de l'Afrique du Sud) après un échange de tirs entre policiers et grévistes, sans qu'il soit possible de savoir immédiatement s'ils étaient blessés ou morts, a constaté un photographe de l'AFP sur place.

Selon l'agence de presse sud-africaine Sapa, 18 corps étaient allongés.

"J'ai compté cinq corps", a indiqué pour sa part un reporter de la télévision privée eNews. "Ils avaient l'air mort, du sang coulait de leur visage et de leur corps".

Le porte-parole de la police Lindela Mashego s'est refusé à confirmer ou infirmer: "On ne peut rien dire avant de savoir précisément sur place ce qui s'est passé", a-t-il déclaré à l'AFP.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour tenter de disperser les mineurs en grève de la mine de platine de Marikana. Selon plusieurs témoignages, des mineurs ont répliqué avec des armes à feu.

Ces incidents surviennent après des violences qui ont fait dix morts depuis dimanche

Le porte-parole du syndicat des mineurs Lesiba Seshoka a déclaré à eNews que le président de l'AMCU, le petit syndicat qui avait appelé à la grève, avait tenté de persuader les mineurs de reprendre le travail, en vain.

"Il lui ont dit qu'ils étaient prêts à mourir (...) qu'ils n'avaient pas l'intention de bouger, qu'ils allaient appeler leurs enfants à les rejoindre" sur la colline où ils étaient regroupés depuis lundi.

Des incidents avaient commencé vendredi 10 août à la mine, exploitée par Lonmin, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel.

Des affrontements ont alors éclaté entre partisans de la NUM et ceux de l'AMCU, née d'une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine. Des négociations entamées la veille avec les forces de l'ordre et les responsables de la mine n'avaient rien donné.

Les mineurs, qui vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante, touchent environ 4.000 rands par mois (400 euros). Ils demandaient de très importantes augmentations de salaire, jusqu'à 1250 euros par mois.

"Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide", avait déclaré l'un d'eux mercredi, Thuso Masakeng, "les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère".

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