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La presse syrienne dénonce la suspension de la Syrie par l'OCI

16/08/2012 09:31 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

La presse syrienne a critiqué sévèrement jeudi la suspension de la Syrie par l'Organisation de la conférence islamique (OCI), jugeant que l'Arabie Saoudite a joué un rôle de "diable sournois" lors du sommet de La Mecque.

Le quotidien gouvernemental Techrine a estimé que l'Arabie saoudite "n'a pas renoncé" dans le cadre du dossier syrien "à jouer son rôle de diable sournois qu'elle avait eu lors de l'invasion de l'Irak".

Le journal accuse l'OCI, majoritairement sunnite, de servir le "projet de l'occident et de ses petits valets dans la région qui veulent provoquer la chute de l'Etat syrien et un conflit confessionnel qui va entraîner le pays dans un tunnel obscur".

La décision de l'OCI "explique son silence sur les agissements de certains de ses membres qui soutiennent les groupes terroristes en leur fournissant des armes et de l'argent, et contribuent ainsi à une escalade dans le pays", ajoute le journal.

Abondant dans le même sens, le journal Al-Baas qui exprime l'opinion du parti au pouvoir, estime que la réunion de l'OCI fut "un vrai sommet de l'extrémisme qui n'a pas fait place à la médiation, ni au dialogue, ni à l'acceptation de l'autre" et "qui a été dominé par un wahhabisme moderne".

Le wahhabisme est un courant doctrinaire de l'islam sunnite dont se revendiquent les autorités saoudiennes.

En Syrie, le président Bachar al-Assad est de confession alaouite, un courant issu du chiisme dont l'Iran est le porte-flambeau.

De son côté, le journal Al-Saoura a estimé que "la confiscation politique" de l'OCI "a atteint son apogée" au cours du sommet extraordinaire tenu à La Mecque, en Arabie saoudite.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les pays musulmans, réunis en sommet extraordinaire à La Mecque, en Arabie saoudite, ont suspendu la Syrie de l'OCI dans le but d'isoler -- symboliquement -- le régime de Damas qui réprime dans le sang depuis 17 mois une révolte populaire devenue peu à peu une rébellion armée.

L'Iran, solide allié du régime de Damas, a été le seul pays à refuser ouvertement cette suspension parmi les 57 membres de l'OCI représentant un milliard et demi de musulmans à travers le monde.

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