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Iran/attaque: Israël teste un système d'alertes SMS sur fond de spéculations

16/08/2012 10:08 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Israël a terminé jeudi le test d'un système d'alerte par SMS pour prévenir la population civile en cas d'attaques de missile, au moment où les spéculations sur une éventuelle frappe israélienne contre l'Iran continuent à faire la une des médias.

L'exercise, lancé dimanche pour une durée de cinq jours, a consisté à tester la réception de messages d'alerte sur les téléphones portables des habitants de Jérusalem et d'autres grandes villes, a rapporté une porte-parole de l'armée.

En sus de Jérusalem, l'essai a eu lieu jeudi à Arad, dans le désert du Néguev, à Afula et Hadera (nord), dans le Haut-Nazareth, localité satellite juive de la ville arabe israélienne, selon l'armée.

La porte-parole a précisé que le test ne concernait pas la ville même de Nazareth, première ville arabe d'Israël.

Les SMS, envoyés en hébreu, en arabe, en anglais et en russe, visent à préparer la population à des tirs de missiles ou roquettes de la part de l'Iran ou du Hezbollah libanais, en représailles à une éventuelle attaque israélienne contre l'Iran accusé par Tel Aviv de vouloir acquérir l'arme nucléaire.

Par ailleurs, la Knesset (Parlement) a entériné jeudi, par 41 voix contre 26, la nomination mardi d'Avi Dichter, considéré comme partisan d'une ligne dure sur le dossier iranien, à la tête de la Défense passive, un ministère crucial en cas de guerre.

Ancien patron du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, M. Dichter a récemment affirmé qu'Israël "devait se doter de capacités d'attaque" en cas d'offensive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Sa position tranche avec celle d'ex-hauts responsables du Shin Beth, du Mossad (service de renseignement et de contre-espionnage) ou des Renseignements militaires qui, dans leur grande majorité, ont exprimé leur opposition publiquement à une attaque israélienne menée sans l'accord des Etats-Unis.

Ces dernières semaines, et de façon plus insistante ces derniers jours, les médias israéliens se sont largement fait l'écho d'informations, basées sur les déclarations de responsables ayant requis l'anonymat, selon lesquelles une action militaire israélienne contre le programme nucléaire iranien serait imminente.

Lors de la cérémonie d'investiture de M. Dichter, le ministre de la Défense Ehud Barak a évoqué les critiques de plus en plus nombreuses à l'encontre de ce "buzz" médiatique en déclarant que "dans toutes les guerres et les efforts de paix entrepris dans l'histoire d'Israël, aucun sujet n'avait été examiné aussi en profondeur que le dossier iranien".

"Ni la première guerre du Liban (1982), ni la seconde (été 2006), ni même les accords (de paix) d'Oslo n'ont été traités ainsi (aussi sérieusement: ndlr)", a-t-il argué.

Le président Shimon Peres a quant à lui estimé jeudi, dans une interview télévisée, qu'il était "clair" qu'Israël ne pouvait attaquer l'Iran sans l'aide des Etats-Unis.

M. Peres a ajouté qu'il était "persuadé" que le président américain Obama tiendrait ses engagements d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Israël, seule puissance nucléaire --officieuse-- de la région, considère que son existence serait menacée si Téhéran disposait de la bombe atomique.

L'Iran nie que son programme nucléaire ait des visées militaires, comme l'en accusent également les Occidentaux.

En réaction aux rumeurs sur l'imminence d'une frappe israélienne, 500 universitaires et militaires israéliens à la retraite ont signé une pétition appelant les pilotes de chasse à refuser de mener une attaque unilatérale.

Selon un sondage publié jeudi par le groupe de réflexion indépendant Israel Democracy Institute (IDI), 61% des juifs israéliens s'opposent à une attaque contre l'Iran sans l'accord des Etats-Unis.

En visite en Israël, le chef du Pentagone Leon Panetta a martelé mardi la position de l'administration américaine selon laquelle l'option militaire doit être "la dernière alternative et pas la première".

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