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Financement du transport en commun: les maires interpellent les partis

16/08/2012 10:40 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Après le maire de Montréal, c'est au tour des maires de la Communauté métropolitaine d'interpeller les chefs en campagne électorale et de leur présenter un rapport unanime sur le financement du transport en commun.

Le maire Gérald Tremblay s'est donc présenté aux côtés des maires de Laval, Gilles Vaillancourt, et de Longueuil, Caroline St-Hilaire, jeudi, pour demander aux partis politiques en présence au provincial d'adopter certaines mesures pour favoriser le transport en commun.

Les maires demandent d'abord de hausser d'un demi-cent la taxe sur le litre d'essence sur le territoire de l'Agence métropolitaine de transport, pendant 10 ans, de façon à mieux financer le transport en commun. Ils évaluent à 17 millions $ par année cette mesure.

Ils veulent ensuite que soient indexés les droits sur l'immatriculation des véhicules, incluant les véhicules commerciaux. Et ils aimeraient que ces droits soient modulés selon la taille du véhicule, de façon à encourager les véhicules moins énergivores. Le maire Tremblay estime à 31 millions $ cette mesure.

Ils proposent également qu'une somme équivalant à deux cents le litre d'essence pour l'ensemble du Québec soit consacrée en plus au transport en commun, de façon à ce que 70 pour cent des sommes soient consacrées aux routes et 30 pour cent au transport en commun, plutôt que 82 et 18 pour cent comme c'est le cas actuellement. Cette mesure totaliserait 260 millions $.

Le maire Tremblay a beaucoup insisté sur le fait que la proposition était unanime et que le ministre sortant des Finances, Raymond Bachand, s'était déjà engagé à recevoir toute proposition de financement qui faisait consensus. Or, «le 450 et le 514 parlent maintenant d'une seule voix», a lancé le maire Tremblay.

«Donnez-nous juste le droit de percevoir progressivement (une taxe), au rythme des investissements, et ça sera à nous, les élus des 82 villes de la Communauté métropolitaine de Montréal, d'aller expliquer pourquoi nous prenons cette décision. Sinon, c'est une forme de statu quo qui engendre de la congestion, qui engendre des émissions de gaz à effet de serre, qui affecte la qualité de l'air. Les citoyens sont prêts, à certaines conditions, à investir davantage dans le transport en commun, en autant qu'il soit adéquat et on leur donne un choix», a plaidé le maire de Montréal.

Péage

La CMM ne s'est pas avancée sur la question du péage sur les routes et les ponts, préférant y consacrer davantage d'études. Visiblement, ce sujet ne fait pas l'unanimité entre les trois maires présents.

La mairesse de Longueuil a indiqué que si le péage est implanté sur le futur pont Champlain, comme pense le faire le gouvernement fédéral qui en est responsable, cela accroîtra la fréquentation des autres ponts. Donc, «le péage devra être partout sinon, quant à moi, il ne devrait pas y en avoir», a lancé Mme St-Hilaire.

Le maire de Laval, lui, s'avance encore moins. «Dans la structure actuelle, je ne crois pas qu'on est rendu à être capable d'avoir un péage qui serait organisé pour influencer le comportement environnemental. Et ce qu'on vise, c'est une réduction des gaz à effet de serre, une réduction de l'automobile quand ce n'est pas nécessaire», a dit M. Vaillancourt.

Il souhaiterait que les propriétaires des grosses cylindrées paient davantage, ce qui serait le cas avec une taxe sur l'essence, mais pas avec le péage.

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